Emmanuel Macron salue le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avant un sommet de la Coalition des Volontaires pour soutenir l’Ukraine à l’Hôtel des Invalides à Paris, le 13 juillet 2026 (AFP)

Non, l’OTAN ne se soucie pas de votre sécurité

L’OTAN aime se présenter comme la défenseuse de la paix, de la démocratie et de la sécurité. Dans son nouveau livre « OTAN : mythes, pouvoir, militarisme », Ludo De Brabander démolit ces images une à une. Le militant pour la paix montre à quel point les mythes tenaces sur l’OTAN continuent de dominer le débat sur la guerre et la paix.

Mythe : histoire inventée, fable. Certains mythes semblent indestructibles, comme celui-ci : « Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. » Mais les mythes les plus tenaces sont ceux qui concernent l’OTAN. Outre la fable selon laquelle l’OTAN « garantit notre sécurité », Ludo De Brabander en énumère cinq autres dans son dernier ouvrage OTAN : Mythes, pouvoir, militarisme : que l’OTAN incarne la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit, et qu’elle serait une organisation défensive. Il passe également en revue les affirmations suivantes : « L’Europe est victime d’une agression russe non provoquée », « Notre défense a été négligée pendant des années » et « Qui veut la paix se prépare à la guerre ». En six chapitres, De Brabander démolit chacun de ces mythes à l’aide d’une multitude d’exemples et de faits.

L’OTAN a été fondée en 1949, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans le but de défendre l’Europe contre un danger que l’alliance elle-même avait créé : la menace russe. À l’époque comme aujourd’hui, le danger venant de l’Est était largement surfait. L’Union soviétique était sortie affaiblie de la Seconde Guerre mondiale. L’Armée rouge avait vaincu les nazis, mais le prix à payer avait été colossal : en vies humaines et en dégâts économiques. L’ambassadeur des États-Unis à Moscou décrivait une population russe qui, après les horreurs de la guerre, n’aspirait qu’à la paix et à un meilleur niveau de vie, et il y voyait une explication possible à « une attitude internationale moins agressive »

Comparons cela à la situation actuelle : Alexus Grynkewich, le plus haut commandant américain de l’OTAN en Europe, a déclaré lors d’une réunion à huis clos de hauts officiers que la Russie d’aujourd’hui n’a absolument aucune intention d’attaquer l’Europe ou l’OTAN. Il contredit ainsi le défilé incessant de commentateurs qui répètent quotidiennement que nous devons nous armer contre une éventuelle invasion russe de l’Europe.

La fondation de l’OTAN en 1949 et la guerre froide qui en a suivi expliquent de nombreux problèmes géopolitiques actuels

Plus qu’une réponse à une prétendue menace militaire, l’OTAN, tout comme le plan Marshall, était un instrument destiné à contrer l’attrait du communisme qui, après la catastrophe de la guerre, semblait dans de nombreux pays européens – notamment en France et en Italie – offrir une alternative au système politique ayant conduit à cette catastrophe.

La création de cette alliance militaire était un exemple typique du phénomène décrit par les politologues sous le nom de « dilemme de sécurité ». En créant la perception d’un ennemi étranger et en s’armant contre un danger supposé, on crée précisément le danger que l’on prétend combattre.

Ce qu’une partie considère comme de la « défense » est perçu par l’autre comme une « agression », car cela revient à se préparer à la guerre. C’est ainsi qu’a débuté la course aux armements, qui n’a été maîtrisée que dans les années 70 et 80 grâce à des négociations de désarmement et à des accords sur la limitation réciproque des armes nucléaires. Là encore, les parallèles avec notre époque sont évidents, à ceci près que la situation actuelle est bien plus dangereuse, car les accords de désarmement ont été jetés à la poubelle et les canaux de dialogue fermés.

La création de l’OTAN en 1949 et la Guerre froide qui s’en est suivie expliquent bon nombre des problèmes géopolitiques actuels, notamment la guerre en Ukraine. Au lieu d’une Europe centrale neutre, comme l’avait préconisé Staline, Konrad Adenauer, le premier chancelier ouest-allemand, a opté pour un ancrage définitif de l’Allemagne dans la sphère d’influence atlantique occidentale, sous la houlette des États-Unis. Il en a résulté la division définitive de l’Allemagne et l’instauration de régimes communistes autoritaires sous domination russe en Europe de l’Est. Le rejet d’une structure de sécurité européenne incluant l’Union soviétique – puis la Fédération de Russie – est la cause profonde de la confrontation actuelle entre l’Occident et la Russie.

L’agression russe « non provoquée »

Le discours dominant dans les médias occidentaux n’attribue qu’une seule cause à l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022 : le rêve impérialiste de Poutine de restaurer l’empire des tsars et celui de l’Union soviétique. Ce discours fait presque toujours abstraction d’un contexte historique dans lequel l’OTAN a joué un rôle central en ignorant les intérêts de la Russie en matière de sécurité et en faisant fi des nombreux avertissements lancés par des responsables politiques et des experts européens et américains.

Angela Merkel le dit dans ses mémoires : elle a toujours été convaincue que l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN équivalait à une déclaration de guerre contre la Russie. Elle était loin d’être la seule à avertir que cela reviendrait, pour les Russes – pas seulement pour Poutine mais pour l’ensemble de l’élite politique –, à franchir une ligne rouge qui entraînerait de graves conséquences. Même Zbigniew Brzezinski, fervent anti-russe et ancien conseiller du président Jimmy Carter, est parvenu, à la fin de sa vie – il est décédé en 2017 –, à la conclusion que l’adhésion de l’Ukraine à l’alliance constituait une provocation de trop. Même Brzezinski semblait s’être enfin résigné à la réalité d’un monde multipolaire.

L’Ukraine devait appartenir à l’OTAN pour empêcher la Russie de redevenir une puissance impériale

Au cours de sa longue carrière d’expert et de conseiller, Brzezinski avait pourtant été l’un des principaux défenseurs de l’intégration de l’Ukraine dans la sphère d’influence occidentale. Dans son ouvrage The Grand Chessboard, publié à la fin des années 90, il avait décrit cela comme une nécessité absolue pour atteindre l’objectif fondamental des États-Unis, à savoir « la volonté d’être la seule et ultime puissance mondiale ». Selon lui, l’Ukraine devait faire partie de l’OTAN pour empêcher la Russie de redevenir une puissance impériale grâce aux riches ressources du pays et à sa position stratégique au bord de la mer Noire.

Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale, prend la parole lors de la conférence « Vers une Europe entière et libre » au Atlantic Council le 29 avril 2014 à Washington (AFP)

Brzezinski était l’homme qui revendiquait la paternité du plan visant à attirer l’Union soviétique dans le bourbier afghan et à déclencher ainsi la désintégration du régime. Hillary Clinton y voyait un exemple montrant comment, grâce aux Ukrainiens, une répétition de ce scénario permettrait d’affaiblir la Russie et d’éliminer une grande puissance concurrente sur la scène mondiale.

Il ne fait aucun doute que Vladimir Poutine et ses conseillers nationalistes sont responsables de l’invasion militaire de l’Ukraine. Mais quiconque douterait que l’élargissement de l’OTAN en ait été la cause directe n’a qu’à lire le compte-rendu du discours prononcé par Jens Stoltenberg au Parlement européen en septembre 2023. Voici ce qu’a déclaré littéralement M. Stoltenberg : « Le contexte était le suivant : à l’automne 2021, le président Poutine a déclaré – et a effectivement envoyé un projet de traité que l’OTAN devait signer – que l’OTAN s’engagerait à ne plus s’étendre. C’est ce qu’il nous a envoyé. Et c’était une condition pour ne pas envahir l’Ukraine. Bien sûr, nous n’avons pas signé cela. »

L’OTAN, garante de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit.

Il est clair que l’OTAN, comme le montre l’affaire ukrainienne, n’est pas un instrument de consolidation de la paix. Pas plus l’alliance ne met en pratique les beaux principes ouvertement proclamés de « démocratie, droits de l’homme et État de droit ».

Parmi les membres fondateurs figurait le Portugal du dictateur Salazar et, lorsque les colonels de la Grèce, membre de l’OTAN, ont pris le pouvoir en 1967, l’alliance n’a pas bronché. Dans les deux cas, c’était business as usual malgré des violations massives des droits de l’homme, des guerres coloniales, des pratiques de torture et la censure. Le coup d’État militaire en Turquie, le 12 septembre 1980, n’a pas non plus incité l’OTAN à se mobiliser pour le rétablissement de la démocratie. Au contraire, la coopération militaire avec la junte s’est intensifiée.

« Pas la démocratie ou les droits de l’homme, mais la localisation géopolitique et l’anticommunisme ont été décisifs »

 « Les exemples du Portugal, de la Grèce et de la Turquie montrent à quel point l’OTAN était prête à embrasser des régimes autoritaires, tant qu’ils s’inscrivaient dans son schéma stratégique. Ce ne sont ni la démocratie ni les droits de l’homme, mais la situation géopolitique et l’anticommunisme qui ont fait pencher la balance », écrit De Brabander.

Le rôle de l’OTAN dans la vague d’actes terroristes d’extrême droite des années 70 et 80 n’a jamais été entièrement élucidé. Ces actes étaient le fait de structures dites « stay behind », des organisations clandestines farouchement anticommunistes qui se préparaient à une éventuelle invasion soviétique ou à une prise de pouvoir communiste. Le cas le plus connu est celui de l’Italie, où l’organisation Gladio avait été créée par les services secrets italiens et la CIA dans les années 1950. Gladio a rapidement été intégrée au Comité de planification clandestine (CPC), une structure faîtière regroupant les réseaux « stay behind » européens au sein du SHAPE (Quartier général suprême des puissances alliées en Europe), le quartier général militaire de l’OTAN. D’autres pays, dont la Belgique, faisaient également partie de ce réseau.

L’attentat meurtrier perpétré à la gare de Bologne en 1980, qui a coûté la vie à 85 personnes, n’était qu’un exemple parmi tant d’autres d’une série d’attaques menées par des groupes d’extrême droite liés à la CIA et à l’OTAN. On n’a jamais pu établir avec certitude si les attentats de la bande de Nivelles dans notre pays en faisaient également partie.

Si la guerre éclatait ici, nous devrions nous contenter de jeter des pierres au bout de quelques heures faute de munitions

Les propos de Marc Thys sont devenus viraux. L’ancien chef d’état-major adjoint de l’armée belge, invité très sollicité dans les émissions-débats de la VRT, n’aurait pas pu exprimer plus succinctement la situation désespérée de nos forces armées. Le ministre de la Guerre, Theo Francken, s’est empressé de réagir : il doit réparer les dégâts après des années de négligence envers notre armée. Cela semble dramatique, et l’Europe a elle aussi dépeint des scénarios catastrophes, mais est-ce que c’est vrai ?

La campagne de peur a bien marché : des milliards ont été détournés des dépenses sociales, de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de la recherche scientifique au profit de l’establishment militaire. Von der Leyen : « Après une longue période de sous-investissement, il est désormais primordial d’augmenter les investissements dans la défense sur le long terme ». Elle a lancé le plan « ReArm Europe/Readiness 2030 » : un ensemble de mécanismes financiers d’une valeur de 800 milliards d’euros destiné à stimuler les dépenses militaires européennes.

Mais y a-t-il vraiment eu « sous-investissement » ? « Selon l’Agence européenne de défense (AED) elle-même, les dépenses militaires des États membres de l’UE ont augmenté de 144 milliards d’euros entre 2014 et 2024, soit une hausse de 79 % : de 182 milliards en 2014 à 326 milliards en 2024. Si l’on ajoute à cela le Royaume-Uni – ancien État membre de l’UE mais toujours membre de l’OTAN –, ce montant grimpe même à environ 400 milliards d’euros. C’est plus qu’un doublement », écrit De Brabander.

L’Europe a-t-elle pris un retard militaire (par rapport à la Russie), comme l’a déclaré avec emphase Jens Franssen, spécialiste des questions de défense à la VRT, début 2024 ? La Friedrich Ebert Stiftung, le groupe de réflexion des sociaux-démocrates allemands, écrivait il y a un an dans un rapport :

« L’OTAN compte trois fois plus de soldats que la Russie. Même sans les États-Unis, les pays européens membres de l’OTAN disposent de 700 000 soldats de plus que l’armée russe. Pour les systèmes d’armes les plus lourds, les proportions sont similaires. ‘Si l’on considère les moyens militaires importants, tels que les chars de combat, les véhicules de combat d’infanterie, les véhicules blindés de transport de troupes, les hélicoptères de combat, les avions de combat et l’artillerie, les membres européens de l’OTAN conservent collectivement une avance considérable sur la Russie et la Biélorussie réunies’, conclut la Fondation Friedrich Ebert. Ce n’est que pour les missiles sol-air que la supériorité est du côté russe. »

Et la Belgique, qu’en est-il ? Ludo De Brabander : « Selon les chiffres officiels de l’OTAN, les dépenses militaires n’ont pas diminué entre 2015 et 2024, mais ont plus que doublé : passant de 3,8 à 7,9 milliards d’euros. Ce chiffre restait certes en dessous de la norme de l’OTAN fixée à 2 %. Mais en chiffres absolus, la Belgique occupait la 14e place sur les 32 États membres de l’OTAN, ce qui n’est donc pas du tout aussi catastrophique que le lobby militaire veut le faire croire. En 2025, le gouvernement a d’ailleurs décidé de tripler les dépenses militaires en dix ans, conformément à la Vision stratégique de la Défense (12,76 milliards d’euros) ».

Lorsque le président Trump a décrété, début 2025, que les partenaires de l’OTAN devaient porter leurs budgets militaires à 5 % de leur PIB, nos décideurs politiques ont réagi avec incrédulité : « irréalisable » et, même pour Bart De Wever : « ridicule ». Un an plus tard, l’irréalisable est devenu un objectif, même si c’est pour un avenir lointain : « 3,5 % de dépenses militaires, 1,5 % de dépenses “liées au domaine militaire” ». Dans l’accord de gouvernement de l’exécutif De Wever, la norme actuelle de l’OTAN de 2 % sera atteinte en 2029 [ ?], puis de 2,5 % en 2034. Même cela nécessite un transfert colossal de plusieurs milliards d’euros vers l’armée.

De Brabander : « Pour la Belgique, la norme des 5 % signifie que les dépenses militaires s’élèveraient en 2035 à 28 milliards d’euros (3,5 %) et 40 milliards d’euros (5 %) par an, soit respectivement 3,5 et 5,5 fois plus qu’en 2024. Ce sont des montants incroyablement élevés. À titre de comparaison : le budget fédéral actuel dont dispose le gouvernement, hors dépenses de sécurité sociale, s’élève à 42 milliards d’euros. En d’autres termes : avec une norme de 5 %, plus de 90 % de ce budget devraient être consacrés à la défense. »

L’OTAN garantit-elle notre sécurité ?

Tout cet argent nous apporte-t-il davantage de sécurité, un sommeil paisible et une assurance pour nos enfants et petits-enfants ? En d’autres termes, sommes-nous plus en sécurité avec l’OTAN qu’sans elle ? Sur le papier, garantir la sécurité des alliés est la mission première de l’OTAN, mais la pratique montre que d’autres objectifs sont prioritaires. Le premier secrétaire général de l’OTAN, Lord Ismay, l’a exprimé dans un aphorisme devenu célèbre : « L’OTAN doit garder les Russes dehors, les Américains dedans et les Allemands sous contrôle ».

Capture d’écran : le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a salué la décision du président Trump d’attaquer le régime iranien

Il s’agit là d’un objectif politique dans lequel la sécurité n’est, au mieux, qu’un bonus. Bien des années plus tard, Mark Rutte s’est montré encore plus clair lorsqu’il a déclaré que « l’alliance ne sert pas seulement à défendre collectivement ses membres, mais constitue également une plateforme permettant aux États-Unis de projeter leur puissance sur la scène mondiale ».

L’histoire de Brzezinski a déjà été décrite plus haut. Son objectif suprême était de consolider la position des États-Unis en tant que seule superpuissance. Si une guerre s’avérait nécessaire pour y parvenir, tant pis. Sa tentative réussie d’entraîner l’Union soviétique dans le bourbier afghan constituait pour lui une occasion unique d’infliger aux Russes leur propre guerre du Vietnam. Le fait que cela ait nécessité d’innombrables morts et mutilés, Russes et Afghans, n’était qu’un détail, tout comme la conséquence prévisible : la montée du terrorisme d’inspiration islamiste qui allait encore faire plusieurs milliers de morts. Ce scénario se répétera avec la guerre illégale contre l’Irak, dans laquelle d’autres pays de l’OTAN seront également entraînés par la suite. « En substance, cela revenait à demander aux partenaires de l’OTAN de nettoyer le gâchis laissé par Washington », écrit De Brabander.

Une structure de sécurité est-elle envisageable en dehors de l’OTAN ?

L’actuel président américain, qui, pour employer un euphémisme, n’est pas particulièrement favorable à l’OTAN, estime néanmoins qu’il va de soi que les partenaires européens devraient le soutenir dans la guerre que mènent Netanyahu et lui-même contre l’Iran. Notre Theo Francken y est tout à fait réceptif et trépigne d’envie d’envoyer un dragueur de mines belge dans le détroit d’Ormuz. Il est difficile d’expliquer en quoi tout cela concerne notre sécurité, mais cela augmente le risque d’être impliqués dans une guerre que nous n’avons pas demandée et qui ne peut que faire que des perdants.

Il en va de même pour le conflit qui s’éternise en Ukraine, où les pays de l’OTAN jouent un rôle de plus en plus prépondérant en fournissant des armes et les renseignements satellitaires indispensables aux attaques de drones menées jusqu’au cœur de la Russie. L’Ukraine utilise la technologie occidentale des drones et l’intelligence artificielle pour sélectionner automatiquement des cibles russes. Le Royaume-Uni de Starmer fournit des missiles franco-britanniques Silver Shadow à longue portée, franchissant ainsi une énième « ligne rouge ».

Nul besoin d’être un stratège de haut vol pour comprendre à quel point la situation devient ainsi extrêmement dangereuse pour l’Europe.

Poutine et ses militaires subissent une pression immense pour s’attaquer à la source au problème des attaques de drones ukrainiens contre la Mère Russie, en frappant les fournisseurs de ce matériel et de ces logiciels militaires, et pour donner une leçon aux Européens et à l’OTAN – avec des armes conventionnelles si possible, en recourant à l’option nucléaire s’il le faut.

Peut-on faire autrement ? Une structure de sécurité en dehors de l’OTAN est-elle envisageable ? Une première étape consisterait à prendre conscience que nous partageons le même continent avec la Russie et que cela ne changera pas. C’est pourquoi les canaux de dialogue avec le Kremlin doivent être rouverts. Des signes encourageants se font jour, et ils proviennent d’une source inattendue. Le Premier ministre Bart De Wever exprime haut et fort ce que, selon lui, beaucoup pensent au sein de l’UE, à savoir que nous devrons normaliser nos relations avec la Russie (le plus tôt possible).

Le Premier ministre estonien Alar Karis a déclaré : « Nous devons avoir des idées et des projets sur la manière dont nous devons traiter avec la Russie ». Et il a fait référence à l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre : d’abord agresseur, membre de l’OTAN dix ans après la fin de la guerre, puis de l’Union européenne.

Malheureusement, l’Union ressemble de plus en plus à la branche politique de l’OTAN et ses dirigeants freinent de toutes leurs forces toute tentative de rapprochement. Lorsque le président du Conseil, António Costa, a tendu la main au Kremlin pour tenter de faciliter la diplomatie, il a été immédiatement rappelé à l’ordre par von der Leyen, Starmer, Merz et Macron.

« L’OTAN : mythes, pouvoir, militarisme » démontre, à l’aide d’exemples convaincants et d’une analyse historique approfondie, que l’OTAN n’assure pas la sécurité, bien au contraire. La voie sur laquelle nous nous trouvons ne peut mener qu’à davantage de conflits, davantage de guerres, voire à un Armageddon nucléaire. Selon un groupe restreint de scientifiques, l’« horloge de l’apocalypse » n’a jamais été aussi proche de minuit qu’aujourd’hui. Il est donc grand temps de prendre une autre direction.

Un ordre international juste

« OTAN hors de la Belgique, la Belgique hors de l’OTAN » : ce slogan ne résonne plus uniquement à l’extrême gauche. Un analyste d’obédience libérale comme Koert Debeuf plaide ouvertement pour une sortie de l’OTAN et la création d’une alliance alternative sur le modèle des pays non alignés de 1961.

Ludo De Brabander plaide en faveur d’une idée similaire : « Une Europe qui, en alliance avec le Sud global, opte pour un ordre international juste, et qui isole l’impérialisme brutal et le capitalisme prédateur de Washington au lieu de s’y accrocher. »

Son livre sonne comme un avertissement et arrive à point nommé à une époque où les médias traditionnels déversent quotidiennement sur nous un tsunami de propagande de guerre et où les « spécialistes de la défense » autoproclamés se distinguent à peine des représentants commerciaux de l’industrie de l’armement.


Source : dewereldmorgen.be

Traduction : Comité Surveillance OTAN

Les opinions exprimées dans les articles publiés sur le site d’Investig’Action n’engagent que le ou les auteurs. Les articles publiés par Investig’Action et dont la source indiquée est « Investig’Action » peuvent être reproduits en mentionnant la source avec un lien hypertexte renvoyant vers le site original. Attention toutefois, les photos ne portant pas la mention CC (creative commons) ne sont pas libres de droit.


Vous avez aimé cet article ?

L’info indépendante a un prix.
Aidez-nous à poursuivre le combat !

Pourquoi faire un don ?

Laisser un commentaire

Qui sommes-nous ?

Ceux qui exploitent les travailleurs et profitent des guerres financent également les grands médias. C’est pourquoi depuis 2004, Investig’Action est engagé dans la bataille de l’info pour un monde de paix et une répartition équitable des richesses.