Les funérailles de Jean Ziegler, sans aucun doute le Suisse le plus illustre depuis Henri Dunant, ont été célébrées ce 18 juin 2026 dans la cathédrale de Genève pleine à craquer.
Au terme d‘une cérémonie où les hommages se sont succédés pendant près de trois heures, l’Internationale a retenti dans l’enceinte même où prêchait Calvin il y a près de cinq siècles. Animée de manière œcuménique par un prêtre catholique et un pasteur protestant, la cérémonie avait déjà bien commencé par la musique de la chanson « Camarade » de Jean Ferrat, interprétée au grand orgue de la cathédrale.
Les représentants des autorités locales et des partis de gauche ont tour à tour évoqué la vie et l’œuvre du sociologue et militant helvétique mondialement connu, notamment pour son engagement sans faille en faveur de Cuba, de la Palestine et de toutes les luttes de libération contre l’impérialisme.
Les représentants des organisations des Chiliens et des Congolais de Suisse, entre autres, ont rappelé ce que Jean Ziegler avait fait pour eux, notamment pas ses nombreux livres, dans lesquels il dénonçait le traitement réservé par l’oligarchie occidentale aux pays du tiers-monde, en particulier par les banques suisses.
Des messages de Jean-Luc Mélenchon et de Francesca Albanese, rapporteuse des Nation Unies pour la Palestine, ont rappelé ce que ceux qui luttent actuellement pour les mêmes causes doivent à Jean Ziegler.
D’autres chants révolutionnaires se sont fait entendre tout au long de la cérémonie, comme la célèbre chanson cubaine Commandante Che Guevara, et Gracias a la vida, de la Chilienne Violeta Parra. A la sortie de la cathédrale, sur le parvis, des haut-parleurs diffusaient Bella Ciao, donnant un petit côté surréaliste au cœur de la vieille-ville en pleine canicule.
Au cours de ses nombreux siècle d’existence la cathédrale de Genève n’avait certainement jamais rien connu de tel. Le couplet de l’Internationale disant «il n’est pas de sauveurs suprêmes, ni dieu, ni césar, ni tribun» a été particulièrement remarqué en ce lieu de culte par quelques observateurs taquins, même si Jean Ziegler n’avait jamais caché qu’il était croyant.
Si les deux officiants religieux n’ont pas résisté à faire un peu de récupération, ils l’ont fait avec élégance et bienveillance à l’égard d’un personnage désormais unanimement respecté, mais qui fut longtemps la bête noire de la classe dirigeante suisse. Tout au plus le pasteur a-t-il prévenu, au début de la cérémonie, qu’elle serait «aussi longue qu’un discours de Fidel Castro, mais moins ennuyeuse», petit coup de griffe en passant au défunt, grand admirateur de la Révolution cubaine en général et de Fidel et du Che en particulier ?
Source: Investig’Action
