This view shows a mural reading ‘blockade,’ with several fuel storage tanks in the background in the industrial zone of Matanzas, Cuba, on March 31, 2026. (Photo by YAMIL LAGE / AFP)AFP

Trump s’inscrit dans une longue histoire d’ingérence étasunienne contre Cuba

Depuis plus d’un siècle, les responsables US considèrent Cuba comme une plantation à exploiter, un rival à vaincre ou une voix dissidente à faire taire, sans jamais se défaire de leur regard colonial.

Ces derniers mois, le blocus imposé à Cuba par le président Donald Trump a entraîné des coupures d’électricité et aggravé la faim, poussant la société au bord de la rupture.

Exploitant la crise, des réactionnaires cubano-américains de toute la Floride réclament un changement de régime.

Arborant des accessoires MAGA, ils se rassemblent fréquemment le long des rues bordées de palmiers de Miami pour vilipender le socialisme, promouvoir l’escalade et brandir des pancartes proclamant « Make Cuba Great Again ».

Depuis le début de la guerre contre l’Iran, leur revendication est simple : « Cuba ensuite ».

Tout en faisant pression en faveur d’une intervention, des figures de la communauté cubano-américaine ont rédigé des accords détaillés pour se répartir les dépouilles politiques et imposer un capitalisme sans entraves sur l’île. Depuis la baie de Guantánamo, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a récemment nourri les attentes des militants en déclarant que Trump « reprend notre hémisphère », insinuant un recours imminent à la force.

Les conservateurs cubano-américains et les responsables américains affirment défendre la démocratie cubaine. Pourtant, le durcissement des sanctions et les manifestations bellicistes mettent à nu la violence de la politique américaine, tout en révélant une tolérance effroyable à la souffrance humaine.

Loin de défendre la souveraineté cubaine, Washington et ses alliés réactionnaires ont longtemps tenté de contrecarrer les aspirations de l’île à l’autodétermination.

La crise actuelle s’inscrit dans cette histoire longue : celle d’une puissance américaine qui a tour à tour traité Cuba comme une plantation à exploiter, un rival à vaincre ou une voix dissidente à faire taire. Elle en porte aujourd’hui l’héritage troublé, alors que les responsables politiques et les extrémistes de droite ravivent la guerre de siège dans les Caraïbes.

Une façade tachée de sang

La dernière série de sanctions américaines et de promesses de libérer l’île résonne avec une amère ironie. En 1898, Washington justifia son intervention dans la guerre d’indépendance de Cuba contre l’Espagne en invoquant la famine massive parmi les civils. En première ligne, le sénateur George Hoar déclara que Madrid « complotait délibérément pour les faire mourir de faim ».

Après l’invasion, le président William McKinley proclama la libération de Cuba, tout en refusant de céder le pouvoir aux révolutionnaires locaux, les excluant des négociations avec l’Espagne.

Son administration transforma plutôt l’île en protectorat américain, affirmant que l’importance de sa population de couleur rendait l’autonomie dangereuse. Faisant écho à ce sentiment, The New York Times mit en garde contre « un gouvernement irresponsable de métis », tandis que The San Antonio Express soutenait qu’un contrôle étranger était nécessaire pour « sauver les Cubains d’eux-mêmes ».

Pendant quatre ans, les autorités militaires américaines tentèrent de priver les citoyens noirs du droit de vote, créèrent la Garde rurale pour écraser la dissidence et supervisèrent un accaparement des terres par des hommes d’affaires étrangers, qui déplacèrent des milliers de paysans.

En 1901, Washington subordonna l’indépendance à l’acceptation de l’amendement Platt, qui accordait aux États-Unis « le droit d’intervenir » pour protéger leurs intérêts stratégiques.

Le sénateur Orville Platt affirma que cette mesure était essentielle à la stabilité, puisque les responsables politiques locaux étaient aussi « irresponsables que des enfants ». Le texte permit aux États-Unis d’établir une base navale dans la baie de Guantánamo, avant d’envahir à nouveau l’île en 1906, 1912 et 1917.

Platt in 1902. (George Prince /Wikimedia Commons/Public Domain)

Les dirigeants américains se moquaient de la souveraineté cubaine. En déployant des soldats américains en 1906, le président Theodore Roosevelt railla « cette maudite petite République cubaine », affirmant qu’il voulait « rayer son peuple de la surface de la terre ».

Les tensions demeurèrent élevées, en grande partie à cause de l’exploitation économique. Après la guerre de 1898, des hommes d’affaires américains profitèrent de la destruction massive des registres juridiques pour s’emparer de terres cubaines.

Entre 1905 et 1911, le nombre d’exploitations agricoles dans la seule région de Guantánamo passa de 1 154 à 419, tandis que les investisseurs étrangers consolidaient d’immenses plantations sucrières.

Le sociologue Lowry Nelson observa que les litiges fonciers étaient des « affaires à sens unique », puisque les entreprises américaines employaient des avocats de haut vol et « corrompaient les fonctionnaires […] par des pots-de-vin ». La pauvreté se répandit sur toute l’île, et le taux de chômage masculin dépassa 20 % en 1907.

La colère populaire finit par exploser en 1912, lorsque le Parti indépendant de couleur organisa des manifestations de masse contre l’exclusion raciale et économique. En réponse, le secrétaire d’État Philander Knox fit pression sur les responsables cubains pour qu’ils étouffent le soulèvement, en menaçant d’une nouvelle invasion.

Les leaders du Parti indépendant de couleur (Wikimedia Commons/Public Domain)

L’historien Louis Pérez Jr. souligne que les marines américains se déployèrent rapidement depuis la base navale locale pour protéger les biens américains, laissant les soldats cubains mener sans entrave une cruelle campagne de répression. « Ils ont probablement coupé la tête à quelque six mille Noirs dans cette province », affirma un citoyen américain à Guantánamo. Un habitant afro-cubain se souvint que les soldats « tuaient tout ce qui était noir » et mettaient le feu à des tas de corps.

Le massacre de 1912 ne révéla pas seulement la fureur raciste de la classe dirigeante cubaine. Il mit aussi en évidence la persistance du contrôle colonial, la menace d’une nouvelle intervention américaine ayant décuplé la violence.

Pendant des décennies, Washington présenta de telles politiques comme une forme de paternalisme bienveillant garantissant la souveraineté de Cuba.

Pourtant, l’ombre de l’amendement Platt encouragea les dirigeants cubains à privilégier les droits des investisseurs étrangers au détriment des revendications de justice sociale, conduisant l’ancien ambassadeur américain Sumner Welles à conclure en 1934 que le gouvernement cubain n’était « qu’une simple façade » pour les « intérêts américains ».

Des invités indésirables

À la veille de la Révolution cubaine, des hommes d’affaires américains dominaient encore l’économie de l’île tout en soutenant le président Fulgencio Batista, qui torturait les dissidents et recevait chaque semaine des valises de pots-de-vin.

L’historien Van Gosse explique que Batista consolida le statut de La Havane comme foyer du vice et du désir colonial, où des touristes comme le futur président John F. Kennedy buvaient, jouaient et poursuivaient des femmes dans un luxe ségrégué. Administrant un paradis fiscal tropical, les autorités cubaines autorisaient les investisseurs américains à rapatrier leurs profits, tout en contrôlant des secteurs industriels entiers et 40 % des champs de canne à sucre.

Fulgencio Batista with U.S. Army Chief of Staff Malin Craig in Washington, D.C., on Armistice Day 1938. (Harris & Ewing via Library of Congress/Wikimedia Commons/ Public Domain)

En 1956, Fidel Castro revint d’exil pour diriger un soulèvement populaire visant à démanteler l’ordre semi-colonial.

Le président Dwight D. Eisenhower se mobilisa pour aider Batista à réprimer l’insurrection. Un officier de la C.I.A. se souvint que les agents avaient « pénétré toutes les institutions » de la vie cubaine, tandis que les diplomates américains recherchaient « tous les moyens, sauf l’intervention ouverte », pour empêcher Castro d’accéder au pouvoir.

Tout en fournissant une aide militaire, le Pentagone autorisa également Batista à lancer des frappes aériennes depuis sa base navale de Guantánamo, rasant des hameaux avec des bombardiers B-26. Dans un spectaculaire retournement de situation, les rebelles capturèrent ensuite des marines américains comme otages, forçant Eisenhower à réduire la coopération.

Après leur victoire en 1959, les révolutionnaires s’efforcèrent de surmonter l’héritage du colonialisme, parvenant à éliminer la malnutrition et la ségrégation raciale. Le dirigeant rebelle Raúl Castro annonça que les Cubains avaient enfin « achevé la guerre d’indépendance ».

Une fois encore, Washington conspira pourtant pour étouffer la révolution, craignant qu’elle ne fragilise l’emprise impériale américaine et n’inspire les mouvements de gauche dans le monde entier.

Avril 1959: L’agent spécial Leo Crampsey, à aguche, escorte Fidel Castro lors d’une visite à Washington. (U.S. Department of State)

En 1960, le département d’État envisagea « tous les moyens possibles » pour « affaiblir la vie économique de Cuba », ouvrant la voie à un blocus qui durerait des décennies. Les autorités américaines allèrent même jusqu’à saisir l’avion de Fidel Castro lorsqu’il se rendit aux Nations unies cette année-là.

Alors que les tensions montaient, le sous-secrétaire d’État Chester Bowles déplora le « manque d’intégrité morale » de l’administration Kennedy, tandis que certains responsables soutenaient des complots d’assassinat et des attentats terroristes contre Cuba. Interrogé sur les plans d’invasion, le conseiller présidentiel Adolf Berle s’exclama : « Qu’on y aille ».

Après l’échec de l’incursion soutenue par les États-Unis, Castro fit installer des missiles soviétiques sur l’île pour assurer sa défense. Furieux, Kennedy prit le risque d’une guerre nucléaire pour obtenir leur retrait. Fait révélateur, il s’inquiétait que ces missiles donnent aux Cubains l’air d’être « sur un pied d’égalité avec nous ».

Plus que tout, le refus du gouvernement américain d’abandonner Guantánamo révélait la persistance de son imaginaire colonial. Pendant des décennies, Washington exploita l’enclave pour encourager la subversion.

Selon des chercheurs cubains, la base devint « une importante passerelle » pour les contre-révolutionnaires.

Un agent cubano-américain se souvint avoir simplement « sauté par-dessus la clôture » après l’échec de l’invasion de la baie des Cochons. À plusieurs reprises, des soldats américains tirèrent sur des sentinelles cubaines, tuèrent des civils locaux, lancèrent des pierres et proférèrent des insultes. Rien qu’en 1964, le révolutionnaire Ernesto « Che » Guevara signala 1 323 provocations à la frontière, dont des « actes d’exhibitionnisme sexuel ».

Avant la chute du mur de Berlin en 1989, les responsables américains présentaient Cuba comme un agresseur incontrôlé. Mais la réalité était tout autre : les décideurs américains s’opposaient à la révolution parce qu’elle s’attaquait à l’héritage de l’amendement Platt et à une exploitation écrasante.

La colonisation de l’opposition

Après l’effondrement de l’Union soviétique, le département d’État réorienta le blocus et encouragea la dissidence cubaine, espérant effacer ce qui restait du socialisme mondial. Entre 1996 et 2011, les autorités allouèrent 205 millions de dollars au changement de régime sur l’île.

Washington finança notamment des médias afin d’attiser le mécontentement et d’orienter les critiques du gouvernement. La National Endowment for Democracy, l’USAID et d’autres institutions financèrent des journaux dissidents comme CubaNet, ADN Cuba, El Estornudo, El Toque et Diario de Cuba.

En 2010, les décideurs lancèrent également la plateforme de médias sociaux ZunZuneo pour organiser des « foules intelligentes », puis diffusèrent plus tard des hashtags antigouvernementaux lors d’une tentative avortée de « baie des Tweets » en 2021.

Fulton Armstrong, ancien haut analyste du renseignement américain, souligna que cette politique plaçait Cuba dans une impasse : « Nous gagnons si les médias d’opposition prennent pied, et nous gagnons s’ils provoquent une répression gouvernementale », laquelle légitimerait encore davantage la dissidence soutenue par les États-Unis.

Cette logique cynique s’appliquait tout autant au soutien apporté aux militants des droits humains. Washington contribua surtout à faire des Dames en blanc des icônes internationales de la résistance. Des femmes cubaines avaient fondé ce groupe en 2003 après l’emprisonnement de leurs proches, accusés d’avoir reçu des fonds américains pour des activités de subversion politique. Ironiquement, les Dames utilisèrent ensuite des financements étrangers pour promouvoir la libération de « prisonniers politiques » et l’intensification des sanctions économiques.

Les Femmes en Blanc manifestent à La Havane en avril 2012 (Hvd69 / Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

Des câbles divulgués révèlent que des diplomates américains collaboraient souvent avec le groupe, tout en demandant une aide financière secrète à Washington. Le chef de mission Michael Parmly rapporta avoir rencontré des « membres dirigeantes » afin de coordonner les tactiques. Lors d’une réunion, la cofondatrice Berta Soler déplora la difficulté de faire passer clandestinement de l’argent « depuis une organisation privée aux États-Unis ».

Les responsables américains cultivèrent aussi des figures charismatiques de l’opposition comme Oswaldo Payá, qui devint le principal critique antigouvernemental à Cuba. En 2012, Payá mourut dans un accident de voiture. Le conducteur, Ángel Carromero, était un militant d’extrême droite espagnol qui acheminait illégalement de l’argent jusqu’à lui.

Connu pour ses excès de vitesse, Carromero avait reçu 42 contraventions routières des autorités espagnoles. Washington et la famille Payá affirmèrent néanmoins que les autorités cubaines avaient assassiné Oswaldo en forçant sa voiture à quitter la route.

S’appuyant sur le témoignage de Carromero, la Commission interaméricaine des droits de l’homme imputa l’accident à Cuba en 2023, tandis que les dirigeants américains célébraient le militant défunt comme un martyr. Par la suite, l’administration Trump fit pression sur les membres de l’Organisation des États américains pour faire nommer Rosa María Payá, la fille d’Oswaldo, à la commission.

Des experts des droits humains redoutaient des « conflits d’intérêts », estimant que son militantisme antigouvernemental ternirait « l’apparence d’indépendance » de l’organe. En réponse, le département d’État obtint sa nomination en menaçant de réduire l’aide aux États qui s’y opposaient.

Payá exploite désormais cette position ainsi que son organisation à but non lucratif financée par les États-Unis pour promouvoir le changement de régime contre des gouvernements progressistes dans tout l’hémisphère, citant comme modèle le coup d’État violent de 2019 en Bolivie.

En somme, les responsables américains ont entretenu la division politique à Cuba pendant des décennies. Plutôt que de renforcer la démocratie, ils ont choisi de coloniser l’opposition.

À leur tour, d’éminents critiques du gouvernement ont privilégié la contre-révolution plutôt que la réforme, rivalisant pour obtenir un soutien étranger. Projetant un champ de force impérial, la puissance américaine demeurait discrète, mais étouffante. Les décideurs étaient trop faibles pour déraciner le socialisme, mais assez puissants pour maintenir Cuba figée dans une guerre froide sans fin.

La faim comme arme politique

Depuis 2017, les États-Unis ont considérablement durci le blocus contre Cuba, affirmant sur l’île une souveraineté extraterritoriale. Républicains comme démocrates ont soutenu les sanctions pour courtiser l’électorat cubano-américain de Floride, dont une large part basculait vers le camp MAGA. Signe de ce basculement, les Dames en blanc qualifièrent Trump de « talon d’Achille » du socialisme.

Forme technologique de guerre de siège, le blocus empêche Cuba d’accéder aux marchés financiers, au pétrole, aux fournitures agricoles et à bien d’autres ressources. Pendant la pandémie de Covid-19, les responsables américains ont littéralement tenté d’asphyxier l’île en bloquant l’exportation d’oxygène et de respirateurs.

Depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté 33 résolutions dénonçant le blocus, qui, selon elle, inflige des pertes incalculables, évaluées à plusieurs milliers de milliards de dollars.

Cette année, Trump a justifié l’escalade des sanctions en invoquant la doctrine Monroe, dont les dirigeants américains s’étaient servis pour envahir Cuba en 1898. Ironie de la situation : il a présenté le socialisme cubain comme antidémocratique tout en s’ingérant dans les élections en Argentine, au Honduras et en Colombie afin de pousser la région vers un réalignement d’extrême droite.

Il a également gracié l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de cocaïne, afin de l’enrôler dans les efforts visant à isoler Cuba et d’autres gouvernements de gauche. Dans des enregistrements audio divulgués, Hernández et ses collègues se vantent de projets visant à « éradiquer le cancer de la gauche », ainsi que d’une « nouvelle base nord-américaine » au Honduras destinée à des « conflits… [avec] Cuba ».

Plus que tout autre acteur, les extrémistes cubano-américains alimentent la dernière vague d’agression. Ils se réclament de la démocratie, mais leurs dirigeants incarnent le conservatisme virulent et la corruption vulgaire de la dictature de Batista, tout en poussant Cuba vers l’effondrement humanitaire.

Les principaux soutiens politiques du secrétaire d’État Marco Rubio, les frères Fanjul, dirigent une plantation sucrière qui emploie du travail forcé en République dominicaine. De même, le principal conseiller de Trump sur Cuba, Mauricio Claver-Carone, est tristement célèbre pour des affaires de mauvaise conduite sexuelle et financière.

Plus largement, la Fondation nationale cubano-américaine, le Directoire démocratique cubain et d’autres piliers du lobby cubano-américain ont détourné des fonds fédéraux, violemment agressé leurs détracteurs ou organisé des attentats terroristes contre l’île.

S’appuyant sur ses références en matière de droits humains, Payá dirige désormais Pasos de Cambio, une coalition de groupes contre-révolutionnaires, et a signé un « Accord de libération » prônant le changement de régime.

Les habitants de l’île qualifient le blocus de « génocide », faisant état d’une flambée des taux de mortalité infantile et de famine.

À l’inverse, Orlando Gutiérrez-Boronat, collègue de Payá au sein de l’Assemblée de la résistance cubaine, y voit « une grande réussite des exilés cubains », affirmant que cela leur confère la légitimité nécessaire pour gouverner Cuba.

Flattant ses partisans, Trump a récemment célébré l’invasion de 1898, avant de laisser entendre qu’une nouvelle ère coloniale avait commencé : « Cuba… vient vers nous. » Par la suite, Payá a salué le président, reconnaissant « les parallèles historiques » et affirmant que son gouvernement est « le meilleur allié du peuple cubain ».

Alors que les tambours de guerre résonnent, Rubio exige des membres de l’ONU qu’ils « s’abstiennent de toute déclaration » critique envers la politique américaine, sous peine de représailles.

Le Pentagone envisage des plans pour une invasion aérienne de Cuba. Et des parlementaires américains qui se sont rendus sur l’île en juillet avertissent que les sanctions la transforment en « Gaza silencieuse », étranglant systématiquement la société cubaine.

En définitive, la crise humanitaire cubaine constitue le dernier épisode d’une lutte de 128 ans pour le contrôle de l’île. L’amendement Platt et la doctrine Monroe se sont mués en « doctrine Donroe », faisant de l’agression non provoquée un principe stratégique.

Sur le plan juridique, le blocus est un colonialisme qui ne dit pas son nom : une affirmation extraterritoriale de souveraineté visant à affamer les Cubains, à faire chavirer leur économie et à les mettre à genoux, tandis que Cuba poursuit sa résistance.

Jonathan Ng est chercheur postdoctoral au John Sloan Dickey Center for International Understanding du Dartmouth College.


Source originale: Truthout
Traduit de l’anglais par Investig’Action

Les opinions exprimées dans les articles publiés sur le site d’Investig’Action n’engagent que le ou les auteurs. Les articles publiés par Investig’Action et dont la source indiquée est « Investig’Action » peuvent être reproduits en mentionnant la source avec un lien hypertexte renvoyant vers le site original. Attention toutefois, les photos ne portant pas la mention CC (creative commons) ne sont pas libres de droit.


Vous avez aimé cet article ?

L’info indépendante a un prix.
Aidez-nous à poursuivre le combat !

Pourquoi faire un don ?

Laisser un commentaire

Qui sommes-nous ?

Ceux qui exploitent les travailleurs et profitent des guerres financent également les grands médias. C’est pourquoi depuis 2004, Investig’Action est engagé dans la bataille de l’info pour un monde de paix et une répartition équitable des richesses.