Le monde a été trompé au sujet de l’Holocauste à Gaza, tout comme il l’a été à propos de tous les autres actes de massacre militaire de masse auxquels les États-Unis prennent part.
La presse israélienne a publié trois révélations importantes concernant l’Holocauste à Gaza, rapportant (1) que Benjamin Netanyahu avait dissimulé le fait qu’il avait été informé à l’avance de l’attaque du Hamas du 7 octobre, (2) qu’Israël avait rejeté une proposition du Hamas visant à libérer immédiatement tous les otages civils après le 7 octobre, et (3) que, selon un opérateur de drone de Tsahal, l’armée israélienne tirait intentionnellement sur des civils dans toute la bande de Gaza au cours de ses opérations dans le territoire palestinien.
Les deux premières révélations proviennent d’un article de Haaretz intitulé « Révélé : Netanyahu a reçu un avertissement explicite plusieurs jours avant le 7 octobre. Il n’en a pas informé les chefs de la sécurité israélienne », publié avant la parution prochaine d’un livre de Haaretz consacré à l’affrontement autour des otages à Gaza.
Haaretz relate un appel téléphonique entre Netanyahu et le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed ben Zayed, en citant trois hauts responsables étrangers :
« Une semaine et demie avant le 7 octobre 2023, le dirigeant émirati a appelé Netanyahu depuis le palais présidentiel à Abou Dhabi et s’est entretenu avec lui pendant 45 minutes. Au cours de cette conversation, ben Zayed a averti que le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, préparait une opération de grande ampleur contre Israël. Ben Zayed s’est dit préoccupé par le fait que cet événement ne provoquerait pas seulement des effusions de sang, mais déstabiliserait également l’ensemble de la région et compromettrait les accords d’Abraham. »
Caitlin Johnstone : Demandez pourquoi il y a eu autant de violence au Moyen-Orient au cours de ces trois dernières années, et on vous répondra que c’est à cause du 7 octobre. Demandez pourquoi le 7 octobre a eu lieu, et on vous traitera d’antisémite. Demandez ce qui s’est précisément passé ce jour-là, et on vous traitera de théoricien du complot.
Haaretz rapporte qu’au lieu de transmettre ces avertissements aux responsables israéliens de la sécurité nationale, Netanyahu a choisi de garder pour lui des informations qui, selon un responsable anonyme du Shin Bet, auraient pu « changer complètement notre évaluation de la situation ».
Haaretz note également qu’Israël avait reçu des avertissements similaires de la part des services de renseignement égyptiens concernant une attaque imminente du Hamas, avertissements qui avaient déjà été rapportés auparavant. Ce ne sont là que deux éléments parmi des montagnes de montagnes de montagnes de preuves indiquant que des personnes puissantes en Israël ont sciemment laissé le Hamas infliger autant de dégâts que possible le 7 octobre 2023, afin de faire avancer les objectifs meurtriers de nettoyage ethnique que nous avons vu se déployer au cours des années qui ont suivi.
Rien ne vous transformera plus rapidement en théoricien du complot que le fait d’apprendre les faits élémentaires concernant ce qui s’est passé le 7 octobre. Mais même sans connaître ces faits, il est déjà difficile de croire qu’Israël n’avait aucune connaissance préalable d’une attaque complexe qui aurait nécessité un entraînement approfondi à ciel ouvert dans l’une des bandes de terre les plus étroitement surveillées de la planète. D’autant plus lorsqu’on examine tous les objectifs militaires qu’Israël avait déjà définis et qu’il a pu faire avancer au lendemain de l’attaque.
Traduction du post 1
Plus loin dans ce même article, Haaretz cite un homme politique palestinien nommé Samir Mashharawi, qui décrit ce que les dirigeants du Hamas lui ont dit au cours de ses efforts de médiation entre Israël et le Hamas après le 7 octobre :
« Il m’a dit que, dans un premier temps, ils n’avaient aucun problème à libérer tous les civils sans rien obtenir en échange », raconte Mashharawi. « Je le jure, ce sont exactement ses mots : tous les civils, sans rien en échange. Ils n’avaient qu’une seule condition : ils voulaient que nous fassions intervenir le plus rapidement possible un médiateur accepté par les deux parties, afin que des négociations puissent immédiatement commencer sur tout le reste. »
Mashharawi affirme qu’Israël a rejeté cette proposition. Un haut responsable israélien de la Défense l’a confirmé à Haaretz :
« La libération des otages ne figurait même pas parmi les objectifs de guerre formulés par le gouvernement dans la nuit du 7 octobre. La proposition aurait-elle pu être examinée sérieusement et une décision prise ? Sur le fond, la réponse est oui. Mais l’état d’esprit dominant était comparable à celui qui régnait après Pearl Harbor : nous venions de subir un coup brutal, nous étions en pleine guerre ; qui avait la disponibilité mentale pour parler d’arrêter les combats et d’entamer des négociations à ce moment-là, même s’il s’agissait de sauver la vie de dizaines de personnes, dont le nombre exact était encore inconnu ? »
Ainsi, toute cette propagande (hasbara) concernant les otages, les enfants Bibas et l’idée selon laquelle le Hamas devait être détruit parce qu’il refusait de libérer des civils innocents détenus en otage n’était que pure foutaise depuis le tout début. Le Hamas avait proposé de les libérer sans aucune condition, si ce n’est l’établissement de canaux de communication. Israël a refusé, parce que ce qu’il voulait, c’était s’emparer de davantage de terres palestiniennes. Cela n’a jamais été une question d’otages, et quiconque prétendait le contraire est un menteur.
Enfin, dans un article distinct en hébreu publié par Haaretz, un major de réserve de l’armée de l’air israélienne décrit comment les politiques et la culture de Tsahal ont contribué à la mort d’un grand nombre de civils. Voici quelques extraits, traduits par l’analyste politique israélo-américain Shaiel Ben-Ephraim :
1) Il a été impliqué dans les meurtres de secouristes survenus le 23 mars 2025 à Tel al-Sultan, à Rafah, et a déclaré : « On pouvait clairement voir qu’il s’agissait de véhicules de secours, même lorsque des tirs ont commencés contre eux depuis le sol. Pour une raison qui n’apparaissait pas, la force au sol a chargé le convoi. Ils ont tiré sur le premier véhicule ; le personnel médical est sorti, s’est caché derrière les ambulances et a supplié pour sa vie, et les soldats les ont abattus les uns après les autres. »
2) À propos de l’utilisation de la ligne jaune comme prétexte pour tuer des innocents : « Les Palestiniens ne savaient pas qu’elle existait, et l’armée de l’air n’était pas toujours informée non plus. Du point de vue d’un agriculteur qui pénètre sur ses propres terres, il n’a aucune idée qu’il entre dans une zone que Tsahal a soudainement décidé de déclarer zone de tir. Et toutes sortes de justifications a posteriori ont alors commencé à apparaître. “Il venait pour conclure un marché d’armes.” “Il a touché le sol, peut-être qu’il est en train de poser un explosif.” Pour moi, cela ressemblait à une tentative de criminaliser des gens sans renseignements ni preuves. »
3) À propos de la disparition de toute morale à Gaza : « Le sentiment était que quelque chose s’était brisé ; tout le monde était déjà devenu cynique face à la mort. On ne peut pas le comprendre de l’extérieur. Ce n’est pas seulement de la fatigue, c’est une érosion de la morale, de la responsabilité, du sentiment que quelqu’un dirige encore la situation. Très rapidement, toute cette notion de “dommages collatéraux” a disparu des considérations. Ils tirent sur tous ceux qu’ils voient. L’atmosphère a commencé à ressembler à celle des tribunes d’un match de football. De la même manière qu’on crie à un joueur : “Allez, marque !”, ils crient à un soldat : “Tue-le, frappe-le.” »

Article d’Haaretz du 9 septembre 2026
Comme les autres révélations, ce reportage discrédite davantage les mensonges auxquels le public a été exposé concernant les raisons invoquées par Israël pour justifier ses atrocités à Gaza. Tous ces mensonges selon lesquels Israël prend des mesures extraordinaires pour protéger la vie des civils à Gaza et ne tue des civils que parce que le Hamas « se cache derrière des boucliers humains » ont été profondément remis en cause par une masse considérable de preuves montrant qu’Israël cherchait activement à tuer des non-combattants tout au long de son offensive.
Le monde a été trompé au sujet de l’Holocauste à Gaza, tout comme il l’a été à propos de tous les autres actes de massacre militaire de masse auxquels les États-Unis prennent part. Veuillez tirer les leçons de ces événements pour l’avenir.
Source : Caitlin Johnstone
- Haaretz rapporte que le Hamas, via le Qatar, a immédiatement transmis le 7 octobre qu’il était prêt à rendre tous les otages civils gratuitement — leur seule demande était qu’un médiateur organise l’échange et établisse un lien pour ensuite négocier la libération des soldats. Israël a refusé d’en parler ou d’en entendre parler.
Le Qatar a donc contacté Antony Blinken pour lui faire savoir que le Hamas était prêt à libérer tous les otages civils.
Blinken a déclaré au Qatar qu’il ne voulait pas l’entendre car « Israël est toujours attaqué, et il n’y a personne à qui parler. »
Blinken avait l’opportunité de libérer chaque otage civil et de désamorcer la situation. Au lieu de cela, il voulait la guerre. ↩︎
