NEW YORK, NEW YORK - SEPTEMBER 23:  (EDITOR'S NOTE: Image was captured in camera using a reflection on a mobile device) President of Iran Masoud Pezeshkian speaks during the 81st session of the United Nations (U.N.) General Assembly at U.N. Headquarters on September 23, 2026 in New York City. World leaders have gathered in New York for the annual session of the United Nations General Assembly, with this year's global issues ranging from the threat of artificial intelligence to the continued wars in Ukraine, Iran and Gaza. Alexi J. Rosenfeld/Getty Images/AFP (Photo by Alexi J. Rosenfeld / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)AFP

Malgré la diplomatie onusienne, les États-Unis et l’Iran se dirigent toujours vers une escalade du conflit

Il est positif qu’ils aient repris le dialogue. Cependant, la réunion à l’ONU n’a pas permis de changer le cap.

Quelques réflexions sur la réunion indirecte de trois heures qui s’est tenue hier à l’ONU entre des responsables étasuniens et iraniens, avec la médiation des infatigables Qataris.

Il est incontestablement positif que les deux parties aient repris contact, même si l’on en revient aujourd’hui à des médiateurs qataris faisant la navette pour transmettre leurs messages, plutôt qu’à des échanges directs.

Mais il est tout aussi vrai que les positions des deux camps restent très éloignées. Le ton particulièrement positif employé par Trump pour décrire la réunion donne dès lors le sentiment qu’il s’agissait davantage d’une opération de communication que d’une avancée de fond. Autrement dit, encore une tentative de rassurer les marchés et de limiter de nouvelles répercussions négatives sur les élections à venir. Sinon, pourquoi Trump insisterait-il sur le fait qu’un accord sera conclu après les élections de mi-mandat ? Cette précision trahit ses intentions.

En effet, une partie du calcul étasunien consiste à prendre dès maintenant des initiatives afin de réduire le risque d’une escalade iranienne avant les élections de mi-mandat. Comme je l’ai déjà écrit, une troisième phase de la guerre est très probable et, du point de vue des États-Unis, il serait préférable qu’elle survienne après les élections de mi-mandat.

Mais les Iraniens ne sont plus dans une posture purement réactive : si la guerre est inévitable, ils pourraient choisir d’agir préventivement afin de priver Trump du luxe de fixer lui-même le calendrier de la prochaine phase. Le moment le plus opportun pour devancer une attaque US se situerait une ou deux semaines avant les élections de mi-mandat. C’est pourquoi une diplomatie limitée à ce stade, visant notamment à réduire le risque d’une telle action préventive, est jugée utile — et que ses résultats sont exagérés.

Pour aller plus loin, de véritables concessions sont nécessaires de part et d’autre. Mais, à l’heure actuelle, le principal point de blocage est le refus de Trump de lever le blocus naval imposé à l’Iran, même si Téhéran accepte de rouvrir le détroit d’Ormuz. Les États-Unis redoutent qu’une levée du blocus ne permette à l’Iran de renflouer ses caisses et de gagner beaucoup plus de temps. Téhéran profiterait alors de ce répit non pas pour conclure un accord avec Washington, mais pour prolonger le conflit dans le but de ruiner la présidence de Trump.

De son côté, Téhéran ne consentira probablement à aucune concession majeure tant que Trump n’aura pas levé le blocus. Les Iraniens interprètent son refus comme le signe de sa volonté de renverser la République islamique ou de la contraindre à capituler.

Pour sortir d’une telle impasse, de petits pas comme la réunion de New York peuvent s’avérer utiles, voire nécessaires. Mais jusqu’à présent, si la reprise des discussions — indirectes — constitue une forme de percée, elle ne marque pas pour autant un changement de cap : les États-Unis et l’Iran se dirigent malheureusement toujours vers une nouvelle phase de la guerre.

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