Dans ce documentaire produit par « The Guardian », et qui a reçu le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise 2026, des officiers et des soldats du renseignement militaire israélien racontent eux-mêmes ce que les Palestiniens et les Palestiniennes décrivent depuis trois ans. Selon leurs témoignages, il s'agit bien d'un GENOCIDE. Certains se comparent eux-mêmes aux NAZIS. Ils reconnaissent avoir tué intentionnellement des femmes, des enfants et des civils, sans aucune distinction.
Une surveillance totale
Toute la population palestinienne est surveillée par son téléphone portable, puisque c’est Israël qui a mis en place les lignes téléphoniques à Gaza. Les militaires écoutaient les messages, voyaient les vidéos et les photos des téléphones. Ils savaient qu’ils allaient tuer des enfants, des femmes et des innocents. Ils entendaient même les cris de douleur des enfants, des femmes et de tous les autres.
Les bombardements de nuit et les « dommages collatéraux », jusqu’à 500
Le choix venait du plus haut niveau de l’armée : viser les combattants du Hamas, ou présumés, chez eux, la nuit plutôt que pendant les combats. Les bombardements avaient donc lieu le soir, pour être sûr qu’ils soient rentrés à la maison. L’armée savait parfaitement qu’il y aurait des victimes collatérales : la femme et les enfants du combattant, mais aussi tous les habitants des étages supérieurs et inférieurs, et même ceux des bâtiments voisins. Pour une seule frappe visant un combattant, jusqu’à 500 victimes collatérales pouvaient être autorisées. Selon un témoignage, un combattant avait laissé son téléphone chez lui, mais l’armée pensait à tort qu’il était rentré chez lui, la frappe tua plusieurs centaines de civils et le militaire entendait à travers le téléphone les cris, les hurlements, des enfants…
Une machine pilotée par l’intelligence artificielle.
Tout ce processus reposait sur l’intelligence artificielle. Le magazine israélien +972 l’avait déjà révélé, notamment avec le système « Lavender »[1], qui désignait les cibles, et le système « Where’s Daddy? »[2] (« Où est papa ? »), qui signalait le moment où la personne visée rentrait chez elle, en traquant son téléphone. Le Guardian l’a également documenté dans plusieurs articles[3]. Le militaire confirme une marge d’erreur d’au moins 15%
Les distributions de farine, assassinats par sniper
Lors de son témoignage, le soldat reconnait les massacres organisés à grande échelle lors des distributions de farine. Selon son témoignage, les Palestiniens étaient envoyés d’un point à un autre, et pendant ce trajet, des snipers les visaient de loin. Ceux qui tombaient finissaient directement dans des fosses.

Des tirs sans distinction
Un militaire explique que le nombre de morts à Gaza était si élevé parce que l’armée tirait sur tout le monde, y compris les enfants. Les soldats savaient sur qui ils tiraient : ils voyaient tout grâce aux quadricoptères et aux drones. Selon lui, les corps restaient dans les rues et étaient mangés par des chiens. La plupart des soldats regardaient ces scènes à travers les drones. Lui dit qu’il n’arrivait pas à les regarder.
Détruire les maisons et la mémoire des palestinien.ne.s
Les soldats devaient brûler les maisons le plus vite possible. Ils utilisaient des couvertures en laine pour qu’une maison soit détruite en huit minutes, et ils étaient fiers de dire qu’une maison brûlait toutes les huit minutes. Le but était que les Palestiniens ne puissent plus jamais rentrer chez eux. Le militaire l’explique clairement : il s’agissait de détruire leur vie et leurs souvenirs, pour qu’il ne reste plus rien.
Empêcher tout retour au nord
Pendant le déplacement des Palestiniens du nord vers le sud de la bande de Gaza, l’objectif de l’armée était qu’aucun d’eux ne puisse revenir au nord. Les destructions y ont donc été massives. Le journaliste demande ce qui arrivait à ceux qui étaient restés chez eux, parce qu’ils ne pouvaient pas se déplacer, qu’ils étaient malades ou âgés. Le militaire fait comprendre qu’ils ont été tués, puisque tout le nord a été rasé. Et quand des Palestiniens tentaient de revenir vers le nord, repérés par les quadricoptères et les drones, l’ordre était de tuer tout le monde. Les soldats voyaient parfois des enfants. L’ordre était de tuer, point.
Ma conclusion
Les meurtres et les assassinats sont bel et bien intentionnels, comme nous le savons et ce déjà avant le 7 octobre… Mais, les témoignages de ces soldats démontrent l’intention génocidaire : il s’agissait de tuer tout Palestinien, homme, femme, enfant ou vieillard. Plus personne ne devait rester !
C’est le sens de « raser Gaza » : qu’il ne reste plus rien, ni hommes, ni femmes, ni enfants, ni vieillards, ni bâtiments, ni souvenirs. Ce que les israéliens avaient déjà fait en 1948 dans d’autres villes palestiniennes
Je conseille vivement à tous les « génocido-sceptiques » d’aller voir ce documentaire.
C’est exactement ce que les Palestiniens et les Palestiniennes racontent depuis trois ans. La différence, c’est que cette fois, on y prêtera peut-être plus attention, parce que ça sort directement de la bouche des militaires qui ont commis et qui commettent toujours ce génocide dans la bande de Gaza.
Les auteurs :
Yuval Abraham est un journaliste d’investigation israélien, né en 1995, basé à Jérusalem. Il écrit notamment pour +972 Magazine, cofonde la plateforme We Beyond the Fence avec le journaliste palestinien Ahmed Alnaouq et travaille sur les droits humains, l’occupation et le conflit israélo-palestinien.
Rachel Szor, née en 1994 à Jérusalem, est une réalisatrice, scénariste, monteuse et chef opératrice israélienne. No Other Land constitue ses débuts derrière la caméra.

Ensemble, avec les Palestiniens Basel Adra et Hamdan Ballal, ils coréalisent No Other Land (2024), documentaire sur la colonisation et les destructions en Cisjordanie, récompensé par l’Oscar du meilleur documentaire en 2025.
Ils coréalisent ensuite Naza (2026), fondé sur les témoignages anonymisés de militaires et agents du renseignement israéliens au sujet des systèmes de ciblage et de surveillance à Gaza ; le film obtient le prix spécial du jury à la Mostra de Venise 2026.
[1] ‘Lavender’: The AI machine directing Israel’s bombing spree in Gaza
[2] ‘Lavender’: The AI machine directing Israel’s bombing spree in Gaza
[3] ‘The machine did it coldly’: Israel used AI to identify 37,000 Hamas targets | Israel-Gaza war | The Guardian
