This US Navy handout photo released on May 12, 2026, by US Central Command Public Affairs shows Nimitz-class aircraft carrier USS Abraham Lincoln sailing in the Arabian Sea on May 8, 2026. Iran's chief negotiator said on May 12 that Washington must accept Tehran's latest peace plan or face failure, after the US president warned the truce in the Middle East war was on the brink of collapse. The war, which erupted more than two months ago with US-Israeli strikes on Iran, has spread throughout the Middle East and roiled the global economy despite the ceasefire, impacting hundreds of millions worldwide. (Photo by various sources / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / US NAVY / NAVCENT PUBLIC AFFAIRS" - HANDOUT - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTSAFP

SOS de l’USS Abraham Lincoln

La situation catastrophique à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln est un signe supplémentaire du déclin inexorable de l’Empire yankee. Nous publions ci-dessous deux articles de vétérans de la lutte anti-impérialiste.

USS Lincoln en crise : cela conduira-t-il à une résistance au sein de l’armée ?

16 août — Les grands médias usaméricains ont annoncé l’effondrement de la chaîne d’approvisionnement de la flotte de guerre des USA dans la région de l’Asie occidentale. Des milliers de militaires à bord de porte-avions et d’autres navires de guerre dans la région ont subi des conditions de travail épuisantes, des menaces pour la sécurité sur le pont, un manque de fournitures, des pénuries alimentaires, une contamination de l’eau et des perturbations du service postal.

Des groupes d’anciens combattants opposés à la guerre ont installé des panneaux d’affichage pour rappeler aux militaires en service actif leur droit et leur devoir de désobéir aux ordres visant à commettre des crimes de guerre. (Veterans For Peace)

C’est ce qu’ont rapporté leurs proches, qui ont exprimé leur colère lors d’une réunion publique virtuelle, le 7 août, avec de hauts responsables de la marine américaine à San Diego. MS NOW a rendu compte des échanges, ensuite repris dans des journaux militaires, dans The Guardian, puis dans The New York Times et d’autres médias.

Le porte-parole du Pentagone, le vice-amiral Douglas Verissimo, a imputé à la destruction par l’Iran de la base navale américaine de Bahreïn, plateforme logistique, l’impossibilité d’acheminer le courrier et les fournitures.

Les conditions à bord des navires ont provoqué des crises de santé mentale, avec peu ou pas de soutien psychologique disponible, ainsi que des tentatives de suicide, dont même les médias des grands groupes ont fait état.

La vaste couverture médiatique de la dégradation des conditions à bord du porte-avions à propulsion nucléaire USS Abraham Lincoln a mis en lumière un profond changement d’attitude, au moins parmi le personnel du rang (non-officiers). C’est ce que le commandement de la Navy qualifie de « démoralisation ».

La première étape

Dans l’histoire militaire, ce qui apparaît souvent comme de la démoralisation constitue la première étape vers une conscience plus grande : la prise de conscience que ceux qui vous donnent des ordres et déterminent votre vie n’agissent ni dans votre intérêt ni au nom d’un idéal, mais pour servir les intérêts des ultra-riches qui dominent la société.

Au moins une partie du personnel du pont d’envol sait qu’une proportion croissante de la population aux USA considère que les activités de l’USS Lincoln constituent des crimes de guerre. En décembre dernier, une demi-douzaine d’anciens combattants siégeant au Congrès des USA ont déclaré publiquement que les militaires usaméricains ont non seulement le droit, mais aussi le devoir de désobéir aux ordres visant à commettre ces crimes de guerre.

La première étape de ce changement de conscience à bord de l’USS Lincoln survient après plus de neuf mois de mission de combat sans temps passé à terre. Le Lincoln compte 5 000 personnes à bord, et le personnel du rang affecté au pont d’envol a pour l’essentiel entre 18 et 22 ans. Il travaille souvent par équipes de 16 heures. Le navire ressemble à une usine géante qui, après neuf mois en mer, doit donner l’impression d’une prison.

Il n’est pas étonnant que certains membres de la Navy soient « démoralisés ». Il n’est pas étonnant que certains aient tenté de se suicider. Il est encore moins surprenant que nombre de leurs proches soient furieux contre les plus hauts responsables de la Navy.

Et il n’est pas difficile d’imaginer qu’ils sont tous furieux contre le commandant en chef MAGA et son courtisan au Pentagone, Pete Hegseth. Tous deux ont balayé les préoccupations des proches. Ils ont traité les marins et leurs familles comme de la chair à canon utile. Et, contrairement à la plupart des gouvernements usaméricains du passé récent, ils l’ont fait avec une arrogance affichée.

Que faire ?

Face à cette extension rapide de la lutte, le mouvement antiguerre et anti-impérialiste doit réfléchir à la manière de répondre à ce nouveau défi. Que peut faire le mouvement pour aider les proches à faire entendre leur message auprès de la population ? Que peut-on faire pour que les militaires du rang restent en contact avec leurs proches et avec la population des USA ?

Des organisations comme Veterans For Peace ont fait connaître le droit des militaires de refuser d’obéir à des ordres illégaux et anticonstitutionnels, comme ceux qui les obligeraient à commettre des crimes de guerre. Elles ont mené des actions en installant des panneaux près de nombreuses bases aux USA et dans le monde. D’autres groupes ont proposé une assistance juridique. Tout cela va dans le bon sens.

Mais le mouvement doit tenir compte de ce qui se cache derrière les reportages des médias des grands groupes sur les échecs de l’administration MAGA. La critique médiatique reflète une lutte entre différents secteurs des classes dirigeantes de la société américaine : beaucoup jugent le régime MAGA incapable de défendre et d’étendre les intérêts impérialistes des États-Unis. Si cette lutte ouvre temporairement une brèche, le mouvement doit encourager une résistance indépendante des deux fractions dirigeantes.

Le mouvement peut-il aussi promouvoir l’idée que les militaires du rang des forces armées usaméricaines ont le droit de créer leur propre organisation, à l’image de travailleurs qui formeraient un syndicat ?

Le mouvement peut-il exiger que les militaires et leurs proches aient accès à tous les types de médias et aient le droit de rendre compte de ce qui leur arrive et d’exprimer leurs opinions à ce sujet ?

La forme concrète de toute organisation de militaires en service actif devra naître de leurs propres besoins et refléter leurs propres revendications, mais le mouvement peut commencer à chercher des moyens de leur apporter son soutien. Les anciens combattants opposés aux précédentes guerres d’agression des USA — contre le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan, par exemple — peuvent jouer un rôle précieux dans ce travail, comme ils ont déjà commencé à le faire.

Source originale: Workers World


Le moral des militaires usaméricains au Moyen-Orient au fond des toilettes qui débordent

Nourriture avariée, toilettes débordant jusque dans les zones de couchage, manque de place dans les abris contre les missiles, téléphones portables confisqués alors qu’ils servent de dispositifs d’alerte en cas d’arrivée de missiles, courrier peu fréquent, réseaux sociaux fermés : tels étaient certains des problèmes signalés par des familles de militaires lors de la conférence nationale de Veterans For Peace du 6 août.

Des conjoints et des parents de membres de l’Air Force, de l’Army, des Marines et de la Navy, ainsi que des membres de Military Families Speak Out, ont décrit un moral en chute libre, un manque de fournitures de base et des attaques contre des bases militaires usaméricaines qui ne sont pas rapportées dans les médias des États-Unis.

Ces frustrations faisaient écho à celles de familles de militaires qui ont rencontré de hauts responsables de l’armée pour décrire les conditions dans les bases militaires usaméricaines du Moyen-Orient, visées par des attaques de l’Iran en réponse à la brutale offensive américano-israélienne qui dure depuis cinq mois.

Le 6 août, les plus hauts responsables de la Navy ont organisé des séances d’écoute avec les familles des marins du porte-avions USS Abraham Lincoln — une séance en personne à San Diego et une seconde en ligne plus tard dans la même soirée, selon The Maritime Executive. Des membres des familles ont transmis à MS NOW des enregistrements de ces séances décrivant les conditions à bord de l’USS Abraham Lincoln : douches envahies par une moisissure tenace, moral en berne, fatigue extrême, pénuries de fournitures et de nourriture, eau contaminée et courrier perdu.

Depuis son départ de la base navale de San Diego le 21 novembre 2025, l’USS Abraham Lincoln et son équipage de 5 000 marins et Marines ont été déployés pendant plus de 250 jours, avec seulement une escale à Guam en décembre et une brève visite à Oman en juin, après 208 jours en mer.

Un deuxième porte-avions, l’USS Gerald R. Ford, a connu des problèmes similaires lorsqu’il a quitté les Caraïbes pour le Moyen-Orient après avoir été déployé au large du Venezuela lors de l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse en janvier.

Pendant ce déploiement, les toilettes du navire sont tombées en panne à plusieurs reprises, les eaux usées débordant souvent et se répandant sur le sol. En outre, un incendie s’est déclaré dans la laverie et a causé suffisamment de dégâts pour que le Ford entre dans un port de l’île grecque de Crète afin d’y être réparé.

Selon USNI News, plus de 200 marins du Ford ont été soignés pour inhalation de fumée, « un marin ayant été évacué médicalement du porte-avions après avoir été blessé lors des opérations de maîtrise des dégâts. Deux autres ont été soignés pour des lacérations. Les dégâts causés par la fumée de l’incendie de la laverie se sont étendus aux espaces de couchage. » Plus de 100 couchettes et des effets personnels ont été détruits dans l’incendie.

Des articles de Stars and Stripes et du Navy Times font état d’au moins six tentatives de membres d’équipage de sauter par-dessus bord depuis l’USS Abraham Lincoln, avec des entretiens menés auprès de marins et de familles de personnes à bord qui ont décrit les effets de ce long déploiement.

Jefferson Kelley, père d’un marin de l’USS Abraham Lincoln, a écrit à son sénateur, Bernie Moreno, pour lui demander d’ouvrir une enquête officielle auprès de la Navy afin de savoir s’il pouvait procéder à un « échange de parent » avec son fils Jackson, 20 ans, en raison des conditions terribles à bord de l’USS Abraham Lincoln.

Kelley a expliqué que son fils ne lui avait pas demandé de faire cet échange, mais qu’il avait lu des informations sur les conditions à bord du porte-avions — rationnement de la nourriture, problèmes de sécurité, contamination de l’eau et dégradation de la santé mentale — qui auraient conduit certains marins à tenter de sauter par-dessus bord pendant les 250 jours passés en mer, et qu’il estimait devoir, en tant que parent, partager ce fardeau.

Les forces terrestres de l’Army et des Marines sous les attaques de missiles

Les familles des forces terrestres usaméricaines stationnées dans les bases militaires des USA disséminées dans tout le Moyen-Orient décrivent une surpopulation extrême dans les abris destinés à protéger des attaques de missiles.

Selon le média War Horse, la seule source publique concernant les blessés lors de l’attaque américaine contre l’Iran est le Defense Casualty Analysis System, qui fournit des totaux mensuels pour la guerre contre l’Iran avec des données démographiques limitées.

Plus de 400 blessés (non mortels) ont été recensés entre le 28 février et le 8 avril en raison de l’attaque américaine contre l’Iran, rapporte War Horse, qui ajoute :

« Plus de 270 des quelque 400 victimes non mortelles étaient des soldats de l’Army, et environ un tiers d’entre eux étaient des réservistes. Les militaires du rang représentaient la majorité des victimes de l’Army, dont 57 sergents et 53 spécialistes. Mais 64 officiers de l’Army ont également été blessés, dont 20 capitaines et 13 lieutenants-colonels ou colonels. …

« La Navy a signalé 64 blessés, dont aucun n’a été classé comme grièvement atteint. L’Air Force en a recensé 51 et le Marine Corps 19. Contrairement à l’Army, les autres branches n’ont pas indiqué le type ni la cause des blessures. …

« Les soldats usaméricains ont souffert de blessures par éclats, de fractures, d’inhalation de fumée et d’autres blessures. Mais une catégorie apparaissait bien plus souvent que toutes les autres : les traumatismes crâniens. …

« Au moins 170 militaires ont subi un traumatisme crânien entre le début de la guerre et le début avril, selon les données. »

Selon War Horse, certains experts de la santé militaire craignent que la forte proportion de blessés souffrant de traumatismes crânio-cérébraux — provoqués par des lésions du cerveau pouvant affecter la pensée, le mouvement et les émotions — ne devienne la blessure emblématique de cette guerre, comme cela a été le cas dans les guerres usaméricaines en Irak et en Afghanistan.

Le Pentagone a tenté de réduire le décompte du nombre de militaires usaméricains tués et blessés dans la guerre contre l’Iran en séparant ceux qui ont été tués ou blessés avant le cessez-le-feu du 1er mai de ceux qui l’ont été après.

Au total, en additionnant les périodes précédant et suivant le cessez-le-feu, 18 militaires usaméricains ont été tués et 624 blessés depuis que les USA ont commencé leur guerre contre l’Iran le 28 février.

Le Sénat usaméricain finit par s’en mêler

Le Congrès usaméricainfinit par s’en mêler. Le 12 août, le sénateur Richard Blumenthal, membre de la commission des forces armées, a adressé une lettre au secrétaire à la Défense Pete Hegseth et au secrétaire par intérim à la Navy Hung Cao pour faire part de sa « vive inquiétude » face à l’allongement des déploiements et exiger des réponses sur les conditions de vie à bord du porte-avions.

« De nombreux rapports font état de pénuries de fournitures de base, de contamination de l’eau, de problèmes de plomberie, d’une dégradation de la santé mentale et de préoccupations concernant la sécurité sur le pont », a-t-il écrit à propos du navire, ainsi que de « perturbations du service postal, qui ont fait que de nombreux colis de soutien destinés au navire se sont perdus en transit pendant des mois ».

La lettre de Blumenthal se termine par six questions auxquelles Hegseth et le département de la Défense doivent répondre au sujet des conditions à bord de l’USS Abraham Lincoln, ainsi que par un appel à traiter correctement les femmes et les hommes en uniforme :

« Les hommes et les femmes à bord du Lincoln ont répondu à l’appel du service de leur pays. Le département leur doit non seulement des fournitures adéquates, l’entretien et le soutien nécessaires pendant ce déploiement, mais aussi un modèle durable de génération des forces qui ne repose pas sur la prolongation répétée des déploiements des marins et des navires pour répondre à des besoins opérationnels persistants.

« Nos militaires ne méritent rien de moins que le plein soutien de leur gouvernement — et le peuple usaméricain mérite une stratégie militaire à la hauteur des sacrifices que nous lui demandons. »

Source originale: Consortium News


Articles traduits de l’anglais par Tlaxcala

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