Armed protesters brandish their weapons and placards during a demonstration against the Saudi-led coalition in Sanaa on July 31, 2026. (Photo by MOHAMMED HUWAIS / AFP) /AFP

Iran, Liban, Palestine: Journal de Guerre #19

a première victime de la guerre, c’est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l’Iran, au Liban et en Palestine, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant… Retrouvez dans nos bulletins consacrés à ces guerres, des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre des pays souverains.

Rupture de stock ?

Les inquiétudes concernant les stocks de munitions américains ont pesé dans les discussions sur une éventuelle escalade du conflit avec l’Iran, rapporte CNN, citant plusieurs sources proches du dossier. Lors d’une réunion à la Maison-Blanche vendredi dernier, le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, aurait averti Donald Trump des conséquences d’une poursuite des frappes, notamment sur les réserves de munitions. S’il a estimé que l’armée US était capable de mener les opérations envisagées avec succès, il a également mis en garde contre leurs répercussions à plus long terme.

Selon CNN, ces préoccupations ne sont pas les seules à avoir été évoquées, mais elles s’inscrivent dans un contexte où les stocks américains sont déjà sous pression. L’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, a d’ailleurs reconnu que l’aide militaire fournie à l’Ukraine avait largement entamé les réserves, auxquelles s’ajoutent les munitions utilisées contre les Houthis. L’administration Trump affirme toutefois être en train de les reconstituer.

Des élus démocrates dénoncent également cette situation. Le sénateur Chris Van Hollen estime que les États-Unis épuisent leurs missiles d’interception, indispensables pour protéger leurs forces, alors même que d’autres crises pourraient survenir ailleurs dans le monde. Selon CNN, il reste toutefois impossible de déterminer si ces inquiétudes sur les stocks constituent la principale raison de la suspension actuelle des frappes contre l’Iran.

« Prisonniers de leur propre bourbier »

Les États-Unis ont suspendu, pour l’instant, leurs frappes contre l’Iran. Cette pause intervient après plusieurs semaines de bombardements et la reprise des attaques US malgré l’accord de paix conclu en juin.

À présent, Washington affirme vouloir laisser une place à la diplomatie, même si des informations évoquent également des pénuries de munitions d’interception.

Réagissant à cette annonce, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a assuré que « l’Iran n’a jamais permis et ne permettra jamais aux États-Unis de décider du moment de la guerre et de la paix ». Il a estimé que les États-Unis étaient désormais « piégés dans le bourbier qu’ils ont eux-mêmes créé » et affirmé qu’une guerre censée « détruire l’Iran en trois jours » les avait finalement laissés « prisonniers de ce même bourbier ». Il a toutefois prévenu que Téhéran « n’hésitera pas à riposter » en cas de nouvelles frappes, tout en confirmant la poursuite de discussions avec Oman. (Source : Breakthrough News)

L’Iran reconstruit rapidement : C’est le WSJ qui le dit !

L’Iran reconstruit rapidement plusieurs infrastructures militaires endommagées par les frappes américaines et israéliennes, affirme le Wall Street Journal, relayé par le média The Cradle. Des images satellites montrent notamment la remise en état d’une route menant à une base de missiles à Kangavar, des travaux au port de Bandar Anzali et la reprise d’activités sur un site de production de missiles près de Téhéran. Selon le journal étasunien, ces éléments remettent en question les affirmations de Washington et de Tel-Aviv selon lesquelles les capacités militaires iraniennes auraient été largement détruites. Un responsable américain cité par le Wall Street Journal estime même que l’Iran est capable de reconstruire « presque tout » ce qui a été touché.

Pire le Vietnam : C’est Foreign Policy qui le dit !

Dans une analyse publiée par Foreign Policy, revue de référence en matière de politique étrangère aux Etats-Unis, Paul Musgrave estime que la défaite de Washington face à l’Iran constitue une « catastrophe stratégique » encore plus grave que celle du Vietnam.

Certes, le conflit a fait bien moins de victimes américaines, mais ses conséquences géopolitiques seraient, selon lui, beaucoup plus profondes. L’analyste considère que Washington sort durablement affaibli, sans avoir atteint ses objectifs, tandis que les factions les plus radicales du régime iranien, notamment les Gardiens de la révolution, en sont ressorties renforcées. Il souligne aussi que la guerre a mis en évidence les limites de la puissance militaire américaine et la vulnérabilité de certains de ses systèmes de défense. Enfin, Musgrave rappelle que les États-Unis ne peuvent pas se retirer du Golfe comme ils l’avaient fait en Asie du Sud-Est, tant cette région est essentielle à l’économie mondiale.

Selon lui, cette « guerre de choix » a affaibli le leadership étasunien, ébranlé la confiance de ses alliés et encouragé ses rivaux à contester davantage son influence.

Tensions en mer Rouge

Les attaques revendiquées par les rebelles Houthis contre deux pétroliers saoudiens dans le détroit de Bab el-Mandeb marquent un tournant stratégique. Au-delà des dégâts matériels, elles démontrent qu’avec des moyens relativement limités – drones et missiles –, le mouvement yéménite est capable de menacer l’un des principaux points de passage du commerce mondial.

Cette offensive intervient alors que le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé, obligeant l’Arabie saoudite à acheminer une partie de ses exportations pétrolières vers la mer Rouge via son oléoduc Est-Ouest. Bab el-Mandeb est ainsi devenu une voie de repli essentielle pour Riyad. Si les Houthis bloquent aussi ce passage, les répercussions seraient considérables, pas seulement pour l’Arabie saoudite. De quoi freiner les ardeurs militaires de Trump ? Jeudi en tout cas, l’Arabie saoudite annonçait avoir formé une coalition de 13 à 14 pays, selon les sources, pour sécuriser la navigation en mer Rouge.

Frappes en Irak

Une puissante coalition de groupes armés pro-iraniens en Irak promet une riposte après les frappes attribuées aux États-Unis et à l’Arabie saoudite contre les Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi). Selon l’AFP, la Résistance islamique en Irak estime qu’une réponse est désormais « inévitable » et prévient qu’elle pourrait viser « les instruments » de Washington en Arabie saoudite.

Le Hachd al-Chaabi affirme que les bombardements ont fait 20 morts et 32 blessés dans ses rangs. Dans un communiqué distinct, la Résistance islamique irakienne condamne également une frappe qui aurait visé un convoi de pèlerins se rendant à Karbala. Le mouvement accuse Riyad d’agir comme un « instrument » de la Maison-Blanche et des services de renseignement américains, dénonçant des attaques menées « conformément à leurs diktats criminels ». Ces déclarations font craindre une nouvelle escalade régionale, alors que les tensions restent vives entre Washington, ses alliés du Golfe et les groupes armés soutenus par l’Iran.

Les opinions exprimées dans les articles publiés sur le site d’Investig’Action n’engagent que le ou les auteurs. Les articles publiés par Investig’Action et dont la source indiquée est « Investig’Action » peuvent être reproduits en mentionnant la source avec un lien hypertexte renvoyant vers le site original. Attention toutefois, les photos ne portant pas la mention CC (creative commons) ne sont pas libres de droit.


Vous avez aimé cet article ?

L’info indépendante a un prix.
Aidez-nous à poursuivre le combat !

Pourquoi faire un don ?

Laisser un commentaire

Qui sommes-nous ?

Ceux qui exploitent les travailleurs et profitent des guerres financent également les grands médias. C’est pourquoi depuis 2004, Investig’Action est engagé dans la bataille de l’info pour un monde de paix et une répartition équitable des richesses.