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Pour un monde de paix où les richesses seraient réparties équitablement, la bataille de l’info est cruciale. Car ceux qui profitent des guerres et de l’exploitation des travailleurs financent également les grands médias.
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Le site qui décrypte
Chaque semaine, nos articles décryptent l’actualité à chaud pour comprendre le monde du point de vue des classes populaires. Infos cachées, interview d’experts pas vus à la télé, analyses de fond des grands enjeux de société…
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Investig’Action brise le contrôle du 1 % sur l’industrie des médias, défend le point de vue des travailleurs (Nord et Sud) et donne la parole aux sans-voix.
Des livres qui forment
Géostratégies, guerres et propagandes de guerre, conflits Nord-Sud. Mais aussi écologie, relations humaines, luttes sociales, culture. Les éditions Investig’Action sont rigoureusement indépendantes et libres de ton.
Pas de sujets tabous ! Toujours un style simple, accessible à tous. L’esprit critique des lecteurs n’est-il pas la meilleure des armes dans la bataille des idées ?
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Recherche et Test Média
Fondé par Michel Collon, le Collectif Test Media International a produit le livre Ukraine – La guerre des images. Il démasque les médiamensonges et dévoile les stratégies des grandes puissances. Les médias dominants ont refusé d’en débattre.
Notre tâche : réaliser des contre-enquêtes pour alerter les citoyens sur les campagnes de désinformation. Pour renforcer nos recherches sur tous les pays agressés et sur toutes les injustices, nous avons besoin de vous !
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Le droit de savoir
Notre but ? Mettre en pratique ce que revendiquait l’écrivain Jean-Paul Sartre : « On croit que la liberté d’information, le droit à la liberté de la presse, c’est un droit du journaliste. Mais pas du tout, c’est un droit du lecteur du journal. C’est-à-dire que ce sont les gens qui ont le droit d’être informés. Ce sont les gens qui travaillent dans une entreprise, dans un chantier, dans un bureau qui ont le droit de savoir ce qu’il se passe et d’en tirer les conséquences. »
Le droit de savoir ce qui se passe est indispensable pour que les citoyens puissent comprendre, débattre et s’engager. Guerres, occupations, injustices, questions de société : chacun de nous a le droit de connaître les faits, les acteurs, les intérêts cachés, les stratégies secrètes…
Pourquoi Sartre voulait-il fonder un journal indépendant ? Pourquoi jugeait-il les gens désinformés ? Parce que les médias traditionnels sont dominés par des intérêts privés, ceux des multinationales. Soit elles en sont les propriétaires, soit elles les contrôlent via leurs énormes budgets publicitaires, soit elles les influencent à travers leurs relais politiques. Dans La Fabrication du consentement, Chomsky et Herman l’ont démontré : les médias conditionnent l’opinion pour qu’elle approuve les politiques des gouvernements et des multinationales.
C’est logique. Les intérêts en jeu sont trop énormes pour que les puissants laissent jouer la démocratie et la libre information. Comme disait Coluche : « On ne peut pas dire la vérité à la télé, il y a trop de gens qui regardent. » Jamais ce système médiatique ne permettra aux journalistes honnêtes d’informer sans aucune censure sur les injustices qui sont indispensables aux profits des multinationales.
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Vrai ou faux ? 10 rumeurs à propos de Michel Collon
- Est antisémite
- A voyagé avec Chatillon (FN)
- Est proche de Thierry Meyssan
- Est proche d’Alain Soral
- Publie des fachos
- Est complotiste
- Soutient les dictateurs
- Prétend que Fabius a armé les frères Kouachi
- A un financement « opaque »
- Est mal vu sur Wikipedia et Google
Rumeur n° 1.
« Michel Collon est antisémite »
Faux. Michel Collon a combattu le racisme anti-juifs dans de nombreux articles, livres et vidéos. Ses détracteurs n’ont jamais pu citer un seul texte de sa part.
Pour une telle diffamation le professeur suisse Christian R a été condamné le 21 septembre 2017 par le tribunal du Vaud. Extrait du jugement : « Il ne fait aucun doute que traiter Michel Collon d’antisémite est attentatoire à son honneur et donne une image méprisable du journaliste. Christian R a admis les faits reprochés et déclaré regretter la manière dont il s’est exprimé. »
La même insulte a pourtant été recopiée par un blogueur réactionnaire belge Marcel Sel. Cité en justice, il a tenté de se justifier ainsi : « La question n’est pas de savoir si Collon est antisémite mais si Marcel Sel a le droit de le dire[1]. » C’est-à-dire qu’on se fiche des faits, on réclame juste le droit de calomnier.
En réalité, en soutenant activement les droits des Palestiniens, Michel Collon a toujours combattu le racisme anti-juifs en expliquant clairement la distinction entre les juifs, d’une part, et le sionisme colonialiste, d’autre part. Dans Israël, parlons-en ! pp 21, 40, 43, 262, 320, 337, 348, 349 et tout le chapitre 18. Dans Antisémitisme, pourquoi y a-t-il deux définitions ? Dans son livre contre Alain Soral : pages 20, 105, 120, 207, 309, 502, 509. Ses accusateurs passent tous ces textes sous silence.
Mais Collon n’est pas le seul visé. En fait le lobby pro-Israël diabolise tous ceux qui critiquent Israël : Ken Loach, Jeremy Corbyn, Pascal Boniface, Mermet, Lordon, Ruffin, Kempf, Morin, Chavez, Enderlin, Bourdieu, Cantona, Bové, Siné, Galloway, Carlos Latuff et bien d’autres ont été étiquetés « antisémites ». Pourtant, de nombreux juifs (Chomsky, Hessel, Pappé, Sand, Warschawski, Stambul…) expriment exactement la même critique : Israël est un État colonial et raciste. Incapable de contester ce message évident, le lobby pro-Israël détourne l’attention en diabolisant le porteur du message. En 2003, neuf auteurs français (la plupart juifs) avaient dénoncé ce procédé dans le livre Antisémitisme, l’intolérable chantage.
Rumeur n° 2.
« Michel Collon a voyagé en Syrie avec Frédéric Chatillon (FN) »
Faux. Michel Collon n’a jamais rencontré Mr Chatillon ni participé à aucun de ses voyages.
Le 9 février 2012, le quotidien français Libération publie cette « information » : « Frédéric Chatillon, figure connue de l’extrême droite, prestataire de services au FN, (…) a trouvé dans la cause du régime syrien une belle occasion de faire des affaires tout en servant ses convictions. Bien moins discrets, certains de ses amis se sont lancés activement dans les relations publiques de Bachar al-Assad, tels (…) le Belge Michel Collon, « spécialiste de la désinformation » comme il se présente lui-même sur son blog. Ces militants ont participé à un voyage de presse en Syrie en août 2011, aux côtés de journalistes russes, chinois et libanais ainsi que de Thierry Meyssan[2]. »
Tout est faux ! Michel Collon n’avait pas participé à ce voyage, n’avait jamais été en Syrie, et jamais de sa vie rencontré Frédéric Chatillon. D’autant moins son « ami » que Collon a lutté toute sa vie contre l’extrême droite, militant activement dès les années 80 contre la montée du parti fasciste flamand Vlaams Belang, parti frère du FN-RN. En 2003, Collon a publié un article contre le fasciste belge Luc Michel[3]. Libération n’a jamais fourni aucune preuve et a refusé de rectifier. Curieuse déontologie.
Rumeur n° 3.
« Michel Collon est proche de Thierry Meyssan »
Faux. Investig’Action ne partage aucunement les thèses de Meyssan sur le 11 septembre et n’a aucune collaboration avec lui.
Ne lisez pas Investig’Action ! Voici comment le quotidien français Le Monde justifie sa « carte rouge » : « Un site alimenté par Michel Collon, militant anti-américain et antisioniste, proche des positions du conspirationniste Thierry Meyssan. Ce site diffuse un nombre significatif de fausses informations et/ou d’articles trompeurs. » Cette formule passe-partout est copiée-collée sur tout média indépendant et critique. Le Monde, à travers son site auto-proclamé « Décodex », prétend décider ce que les internautes peuvent lire ou pas.
En réalité, ni Michel Collon, ni Investig’Action n’ont rien à voir avec Thierry Meyssan : « Dès le départ, Investig’Action a choisi de ne pas travailler et de ne pas publier sur le 11 septembre[4]. » Le seul article publié sur ce thème (le 28 avril 2011) reprend la position de Noam Chomsky qui critique fortement la thèse du complot sur ces attentats. Contrairement au bobard du Monde, Investig’Action a toujours appelé le mouvement anti-guerre à « rassembler ses forces pour dénoncer et éclairer des complots et des stratégies incontestables ».
On remarque que Le Monde accumule les adjectifs dénigrants mais évite de citer un seul des 8.000 articles publiés (à l’époque) par Investig’Action. Et que cache-t-il à ses lecteurs ? Que ce même quotidien français dit « de référence » avait accumulé les médiamensonges à chaque guerre : Algérie, Irak, Yougoslavie, Libye, Syrie… Ce qu’ont démontré noir sur blanc les livres de Michel Collon : Attention, médias ! Poker menteur, Monopoly, Libye, Otan et médiamensonges, La Gauche et la Guerre… En fait c’est bien pour cette raison que Le Monde refuse tout débat qui pourrait le démasquer.
Les « diaboliseurs » ont largement diffusé une photo de Michel Collon à côté de Meyssan et Dieudonné. Évitant soigneusement de préciser qu’elle avait été prise lors d’un colloque avant les dérives politiques de l’un et de l’autre. Et qu’être photographié avec quelqu’un ne signifie pas partager toutes ses opinions mais simplement être ouvert au dialogue. Ce qui est bien le problème des censeurs compulsifs.
Rumeur n° 4.
« Michel Collon est proche d’Alain Soral »
Faux. Michel Collon a écrit un livre de 500 pages… contre Alain Soral, à la grande fureur de celui-ci.
Le 4 novembre 2018, le Times of Israël titre : « La présence de Michel Collon au salon du Livre francophone de Beyrouth critiquée. » La raison ? « Proche du pro-Assad Thierry Meyssan, d’Alain Soral ou de Dieudonné, le « journaliste indépendant » était invité par le stand Belgique. »
Le Times of Israël se garde bien de signaler qu’en réalité Michel Collon a écrit un livre… contre Alain Soral. « Pourquoi Soral séduit » analyse attentivement les textes de cet auteur pour démonter son idéologie d’extrême droite, son admiration pour Hitler et les SS et son incapacité d’expliquer aux jeunes ces phénomènes fondamentaux : exploitations, crises économiques, colonialismes et guerres. Accuser Collon d’être proche de Soral mérite donc le Prix Nobel de la mauvaise foi.
C’est pourtant avec cet article trompeur que le lobby belge pro-Israël en Belgique (Joël Kotek, Simone Susskind, Marcel Sel) a mené une campagne acharnée. But : presser la ministre belge de la Culture Alda Gréoli d’interdire la participation de Michel Collon et les livres d’Investig’Action à ce Salon du Livre de Beyrouth. Gréoli a capitulé et refusé d’entendre Collon. Mais sa décision de censure a été condamnée comme discriminatoire par le tribunal de Bruxelles en mai 2020 et son administration condamnée à payer des dommages.
Rumeur N° 5.
« Michel Collon publie des fachos »
Faux. Investig’Action avait publié à l’époque plus de 8.000 articles (aujourd’hui 12.000). Ses calomniateurs en citent deux, interprétés avec mauvaise foi. L’un a été retiré car son auteur a rejoint le FN après avoir écrit cet article (sur l’écologie de l’Antarctique), et l’autre auteur rejette l’extrême droite.
Avec cette accusation totalement fausse, Benjamin Peltier (BePax et Amnesty) a tenté de faire interdire la participation de Michel Collon à un débat « Mai 68, 50 ans après » au Théâtre de Poche à Bruxelles. L’équipe du théâtre lui proposa de fournir ses preuves et de venir en discuter. Peltier refusa. Le théâtre résista et maintint le débat.
Il faut dire que les « preuves » de Peltier ne tenaient pas debout ; il écrivait : « Des liens organiques avec l’extrême droite. Michel Collon a publié Geneviève Béduneau, candidate du parti de Marine Le Pen et par ailleurs complètement conspirationniste. Il publie aussi Gilles Munier, issu du mouvement d’extrême droite Jeune Europe.»
Doublement malhonnête. L’article de Béduneau concernait… l’écologie de l’Arctique, n’était pas conspirationniste et avait été publié en 2010. Deux ans… avant qu’elle ne devienne candidate du FN en 2012 ! Alertée, Investig’Action avait alors retiré cet article. Quant à Gilles Munier, si Peltier s’était un peu informé, il aurait facilement appris la vérité : le père de Gilles Munier vivait en Algérie de 1952 à 1956, soutenait le FLN et la lutte de libération nationale algérienne, fut arrêté pour cela et en témoigna dans l’hebdomadaire de gauche France-Observateur. Réfugié au Maroc, son père abritait le résistant algérien et futur président Boumédiène. Lequel demanda à Gilles Munier en 1967-68 de contacter des organisations françaises d’extrême droite pour enrayer les assassinats d’Algériens en France. C’est ainsi que Munier devint, non pas membre de Jeune Europe, mais correspondant de son journal à Alger où il fit inviter le directeur de La Nation Européenne pour des entretiens avec le secrétaire général du FLN. Peltier se révèle ici un faussaire complet.
Investig’Action a publié depuis 2004 plus de 8.000 articles. Et notre ligne editoriale, marxiste, dénonce le capitalisme et son visage fasciste. Mais Peltier prétend prouver avec ces deux articles « des liens organiques (sic) avec l’extrême droite ». Quels objectifs se cachent derrière la mauvaise foi de Peltier ? En fait il n’hésite pas à recopier des calomnies répandues en 2014 par Ornella Guyet.
Pseudo-anarchiste, Guyet avait tenté de s’infiltrer dans Le Monde Diplomatique, Le Grand Soir et Acrimed qui tous trois la rejetèrent comme un personnage louche. Se cachant alors sous divers pseudos (Marie-Hélène Boutoleau, Indymedia Paris, Comité xxx…) elle commença à répandre ses calomnies contre Collon (dans un long article contenant 50 mensonges ou erreurs manifestes)[5]. Puis, elle cracha sa bile contre d’autres figures du mouvement anti-guerre et de la gauche en général : François Ruffin, Pierre Carles, Frédéric Lordon, Hervé Kempf, Alain Gresh, ou encore Noam Chomsky.
Épousant de plus en plus ouvertement les thèses du lobby sioniste et des néocons US, Guyet fut soutenue pour développer un site faussaire et haineux, intitulé « confusionnisme.info ». Plein de confusions et d’amalgames en fait. Comme par hasard s’y retrouvaient calomniés tous ceux qui dérangeaient le lobby pro-Israël et les néocons militaristes US. Toutes les guerres des USA devenaient « justes » dans ce site fourre – tout. Finalement, totalement discréditée, Guyet mit son site à l’arrêt. Sans doute pour se cacher sous d’autres pseudos. Ce qui n’empêchera pas Benjamin Peltier mais aussi le blogueur d’extrême droite Marcel Sel (voir rumeur n° 1) de continuer à recopier ses calomnies pour les faire tourner en boucle sur Internet. Une étonnante alliance entre certains « anarchistes », l’extrême droite et certains représentants d’Amnesty. Toujours en refusant le débat public sur les faits.
Rumeur n° 6.
« Michel Collon est complotiste. »
Faux. Collon a publié une analyse approfondie réfutant le mode de pensée complotiste. En fait Caroline Fourest traite de « complotiste » quiconque s’oppose aux guerres des USA et d’Israël. Car elle est incapable de justifier ces agressions illégales aux conséquences catastrophiques.
Accusation lancée par Caroline Fourest dans un documentaire sur France 3 : « Ils voient des complots partout et ont fait de la manipulation par les médias leur unique grille de lecture du monde et de l’actualité. Ce sont les « obsédés du complot », ces tribus d’internautes soumis à des mercenaires de la propagande passés maîtres dans l’art de désinformer pour radicaliser les identités et discréditer la démocratie en même temps que la presse. » [6]
Très méprisant pour les internautes, ce film traite Michel Collon de « complotiste » parce qu’il s’est opposé à la guerre contre la Libye. Ilavait en effet annoncé dès l’automne 2011 : « Ce pays va plonger en enfer ». Fourest, par contre, vantait cette guerre avec enthousiasme. Est-elle fière du bilan ? Guerre civile interminable, maffias des trafiquants de migrants, milices terroristes lynchant les Noirs et ramenant les femmes des décennies en arrière… Fourest cache soigneusement le fait que la commission (bipartite) du Parlement britannique a réfuté les mensonges de David Cameron sur la Libye tout comme elle avait condamné ceux de Tony Blair sur les armes de destruction massive en Irak.
La même accusation « théorie du complot » fut lancée contre Collon par Henri Guaino (qui écrivait les discours de Sarkozy) lorsqu’il se montra incapable de répondre dans un débat télévisé sur le Mali[7]. En fait, cette accusation est le seul argument de ceux qui n’en ont pas.
Fourest passe soigneusement sous silence le fait que Michel Collon a plusieurs fois mis en garde… contre le complotisme ! Notamment dans son article intitulé « Complotiste, moi ? »[8] où il explique pourquoi ce mode de pensée ne permet pas de comprendre la société. On comprend que Fourest refuse tout débat contradictoire. Du coup, elle colle des étiquettes pour effrayer le public et cacher ses propres positions pro-Otan et pro-Israël. Saïd Bouamama montre bien à qui profite cette stratégie d’intimidation : « Toute dénonciation des stratégies des classes dominantes court le risque d’être dénoncé comme complotiste. »[9]
Dans ses chroniques sur France Inter, Fourest tourne le dos aux règles de base du journalisme pratiquant en fait un lobbyisme acharné. Elle a ainsi été condamnée par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour avoir prétendu sans aucune preuve que des séparatistes avaient « arraché les globes oculaires avec un couteau » à trois officiers ukrainiens[10]. Elle a aussi annoncé que l’Iran avait fourni à la Syrie un… four crématoire (sic). Prompte à taxer d’ « antisémite » tout qui critique Israël, elle ne cesse de minimiser la discrimination envers les musulmans. Elle a aussi applaudi Philippe Val quand, bombardé par Sarkozy à la tête de France Inter, il a licencié les humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon, coupables de « lèse-majesté ». Dans son livre Les intellectuels faussaires, Pascal Boniface (directeur de l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques) a qualifié Fourest de « serial menteuse » dont la caractéristique principale est : « d’attribuer à ses adversaires des propos qu’ils n’ont jamais tenus pour s’en offusquer. »
La véritable question est : comment des médias respectables peuvent-ils encore accorder tant de crédit à Fourest (ou à BHL) sans la confronter aux faits ou à des analystes plus sérieux ?
Rumeur n° 7.
« Michel Collon soutient des dictateurs »
Faux. On peut très bien dénoncer une agression impériale des États-Unis sans avoir de sympathie pour le régime du pays bombardé, envahi ou déstabilisé. La guerre ne résout pas les problèmes locaux et souvent les aggrave.
Chargée de former des professeurs, Marie Peltier excommunie à tour de bras : « Legrandsoir.info, michelcollon.info, mondialisation.ca (sont) des sites appartenant à des réseaux complotistes et conspirationnistes, soutiens ou même carrément alliés des régimes iranien et syriens. » Sur base de cette affirmation sans preuves, elle se démène sur les réseaux sociaux et en coulisses pour faire interdire des débats auxquels Michel Collon a été invité. En tandem avec son frère Benjamin (voir ses mensonges rumeur n° 5) elle y réussit parfois.
Ces diaboliseurs pratiquent la technique de l’amalgame : selon eux, « être contre la guerre » égale « soutenir un dictateur ». En réalité, écrit Saïd Bouamama, « on peut donc très bien dénoncer une agression impérialiste des États-Unis et de la France, par exemple contre la Libye, sans avoir la moindre sympathie pour le régime du pays bombardé, envahi ou déstabilisé ». Par exemple, Samir Amin, fut un des analystes les plus sévères de nombreux régimes du Grand Sud mais il dénonçait en tout premier lieu « les pays impérialistes de l’Occident historique (États-Unis, Europe, Japon) qui n’entendent pas permettre à d’autres États émergents de s’émanciper du cadre imposé par eux[11]. »
Que cache Peltier ? Tout simplement le droit international. Initier une guerre d’agression est selon les juges du Tribunal de Nuremberg « le crime international suprême ». L’article 1 de la Charte des Nations-Unies est très clair : « Les buts des Nations Unies sont : maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix ». Elle insiste sur l’emploi « des moyens pacifiques » pour « le règlement des différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix » et « le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes[12]. » Les États-Unis ont fait tout le contraire et Peltier appelle donc à bafouer le droitinternational. Alors que ces guerres, vantées comme « humanitaires » pour stopper des massacres en cours ont bien souvent court-circuité la recherche de solutions pacifiques et versé bien plus de sang.
Peltier s’autoproclame « spécialiste du complotisme » mais on cherchera en vain dans les 140 pages de son livre L’ère du complotisme une définition sérieuse de ce phénomène. Par contre, son double langage est manifeste. D’un côté, elle écrit qu’il faut « s’attacher à la critique de nos propres méthodes et positionnements ; en renonçant à une position de monopole du savoir, de la vertu, de la chose publique (…) en revalorisant l’altérité, ce qui est la condition d’un débat public au sein duquel chacun peut s’exprimer. » En théorie, elle prône donc la liberté d’expression et de débat. Mais, de l’autre côté, dans la pratique, elle fait exactement le contraire, s’acharnant pour interdire qu’on invite Michel Collon ou d’autres analystes anti-guerre. D’ailleurs quand une association l’invite à un débat contradictoire, Marie Peltier répond : « Je ne participe jamais à des conférences contradictoires »[13]. Voilà qui est… contradictoire. Et fort lâche.
En réalité, Peltier fuit le débat car elle est incapable de répondre aux critiques de Saïd Bouamama et Michel Collon. Selon eux, le discours pseudo-progressiste de cette gauche pro-guerre cache : 1. Les véritables objectifs (énergétiques et stratégiques) des agressions occidentales 2. Les médiamensonges qui ont accompagné toutes les guerres US (dont les fameuses « armes de destruction massives » irakiennes). 3. Les déclarations de dirigeants de la CIA exposant crûment comment manipuler l’opinion sur les guerres et coups d’État. 4. Le bilan catastrophique des agressions US en Irak, Afghanistan, Libye, etc. provoquant des catastrophes humanitaires et des migrations massives qui alimentent objectivement le racisme de l’extrême droite.
En réalité Washington ne recherche nullement « la démocratie » mais seulement le contrôle. Les Saoud, les Qatar, les dictateurs africains et latinos (56 coups d’État US dans ce sous-continent !), restent non seulement impunis mais systématiquement protégés. S’aligner sur l’Otan comme Peltier n’a rien de démocratique, c’est se rendre complice de la mainmise des multinationales occidentales sur les ressources naturelles des pays du Sud et bloquer leur développement économique. Vivre en Belgique et ne pas dénoncer son propre impérialisme est confortable pour la carrière mais égoïste.
Rumeur n° 8.
« Michel Collon prétend que Fabius a armé les frères Kouachi »
Faux. La citation est délibérément tronquée et déformée. Collon a explicitement combattu la thèse suivant laquelle l’attentat contre Charlie aurait été manipulé par des services. Par contre, il a démontré (en s’appuyant sur leurs propres documents) que les États-Unis avaient bel et bien créé, financé et utilisé le terrorisme « islamiste ».
Rumeur lancée en 2015 par le quotidien français Nord-Éclair, reprise ensuite par Rudy Reichstadt : « Michel Collon a assuré, après les attentats contre Charlie Hebdo que les frères Kouachi avaient été formés et armés par Laurent Fabius et ses amis… »[14]Essayant de faire croire qu’aux yeux de Collon, Fabius serait le commanditaire de l’attentat contre Charlie. Une thèse absurde que Collon a immédiatement combattue dans son livre Je suis ou je ne suis pas Charlie ?[15]
En réalité, Reichstadt et Nord-Éclair ont tronqué et déformé la phrase de Michel Collon. Voici sa phrase complète : « Les frères Kouachi ont l’air de tomber du ciel. En réalité, ils ont été armés, formés militairement, endoctrinés, par Monsieur Fabius et ses amis, qui ont envoyé pendant trois ans des milliers, des dizaines de milliers de frères Kouachi, faire encore pire qu’à Charlie, en Syrie et en Libye. »[16]
C’est complètement différent. Tronquer une citation pour en déformer le sens est malhonnête et contrevient aux règles de base du journalisme. « Une citation ne doit pas être transformée du tout. Lorsqu’elle est coupée, la règle est la suivante : le simple fait d’isoler une phrase ne doit pas en changer le sens. »[17]. La Cour de Cassation française a jugé que « la reprise, par le journaliste, des propos tenus par un tiers, ne fait pas disparaître l’obligation à laquelle il est tenu d’effectuer des vérifications sérieuses pour s’assurer que ceux-ci reflètent la réalité des faits. »[18] Plainte a donc été déposée contre Rudy Reichstadt (voir rumeur n° 9).
Reichstadt cache volontairement la véritable pensée de Michel Collon. Dans son livre sur l’affaire Charlie, celui-ci a démontré les liens entre le terrorisme islamiste et les États-Unis, l’Arabie saoudite et le Qatar (soit les « amis de Fabius »). Il l’a fait en s’appuyant uniquement sur des déclarations de hauts responsables US : Zbigniew Brzezinski, responsable de la politique internationale US sous Carter, s’est vanté d’avoir organisé l’envoi et l’armement de Ben Laden en Afghanistan en 1979, créant ainsi le « terrorisme islamiste »[19]. Hillary Clinton l’a reconnu en 2009 : « Al-Qaïda, que nous combattons aujourd’hui (sic), nous les avons financés il y a vingt ans (…) Ce n’était pas un mauvais investissement[20]. » James Baker, ministre des Affaires étrangères de Bush père, disait en 1995 : « Nous ne devons nous opposer à l’intégrisme que dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l’exigent[21]. » L’amiral Stavridis, commandant suprême des Forces de l’Otan en Europe contre la Libye, a reconnu cette alliance honteuse en 2011 : « Des douzaines d’anciens combattants du Groupe Islamique de Combat Libyen (section locale d’Al-Qaida) participent aux efforts (…) visant à renverser Kadhafi[22]. »
Des diplomates et généraux US s’en sont indignés. Le général Michaël Flynn, directeur des services de renseignement de l’armée, dénonçait dès l’été 2013 : « La CIA complotait depuis un an avec ses alliés du Royaume-Uni, d’Arabie Saoudite et du Qatar pour expédier des armes et des marchandises dans le but de renverser Assad (…) Les USA armaient des extrémistes. (…) L’administration Obama ne voulait tout simplement pas entendre la vérité[23]. »
Les États-Unis et leurs alliés (dont Fabius) sont bien responsables des attentats commis au Moyen-Orient. Et par effet boomerang de ceux perpétrés à Paris, Bruxelles, Nice et bien d’autres villes d’Europe. Intellectuel faussaire refusant tout débat public, Reichstadt ne combat pas le « conspirationnisme », il est un lobbyiste des USA et d’Israël.
Rumeur n° 9.
« Le financement du site Investig’Action est opaque. »
FAUX. Tous les revenus d’Investig’Action proviennent de la vente des livres et des petits donateurs. Les chiffres du bilan annuel sont publiés. Plainte a été déposée pour diffamation.
Cette calomnie a été fabriquée par Rudy Reichstadt dans son documentaire « Complotisme, les alibis de la terreur », diffusé sur France 3[24]. Pendant qu’on voit à l’image Michel Collon en débat, le comédien André Dussolier (dans son plus mauvais rôle) récite d’une voix d’outre-tombe : «Prévisibles jusque dans l’infamie, ils nient ou minimisent la responsabilité des terroristes face à leurs crimes. Leurs soutiens financiers sont toujours opaques mais leurs intentions sont claires et leurs boucs émissaires ne changent jamais. »
Michel Collon a immédiatement protesté auprès de France 3 : « Ah bon ?! Monsieur Reichstadt et ses amis m’ont-il seulement consulté sur ce point ? Non. A-t-il consulté les archives du Moniteur officiel belge indiquant la publication du bilan de notre association sans but lucratif ? Non. Mentionne-t-il que nous avons diffusé publiquement les chiffres de notre budget annuel ? Non. Si Monsieur Reichstadt avait fait le minimum du minimum des recherches qu’on est en droit d’attendre d’un « journaliste », il m’aurait posé la question. Et je lui aurais confirmé que tous nos revenus proviennent de la vente de nos livres et des petites donations de centaines de lecteurs ! Les chiffres sont disponibles ! » Effectivement, le budget annuel varie entre 150.000 et 180.000 euros, servant à payer les salaires des jeunes journalistes et éditeurs (Michel Collon a toujours été bénévole) et l’impression des livres. Les lecteurs du site sont régulièrement informés des ressources et des besoins.
Mais France Télévision a refusé tout droit de réponse. Plainte a donc été déposée au tribunal de Paris, qui les a mis en examen. En effet la mauvaise foi de Reichstadt est ahurissante. D’un côté, il prétend que Michel Collon serait complice de Daesh car il « nierait ou minimiserait ses crimes ». De l’autre côté, il insinue qu’il est financé par la Syrie. Complice de Daesh et en même temps de Bachar al-Assad ? Trop fort ! Reichstadt ne serait pas un peu complotiste ?
En réalité, Michel Collon n’a jamais nié les crimes de Daesh, bien au contraire ! À une époque où le mentor de Reichstadt, Bernard-Henri Lévy, vantait les « combattants pour la démocratie en Libye », Collon expliquait au contraire qu’il s’agissait surtout de la section libyenne d’Al-Qaida ce dont la CIA et le Pentagone étaient parfaitement au courant.[25] À cause de cette alliance, la Libye « va plonger en enfer », avait prédit Collon dès l’automne 2011. Aucune négation du phénomène donc.
D’ailleurs, celle qui recopie souvent Reichstadt, Ornella Guyet (voir rumeur n°5), a reproché à Michel Collon d’y accorder… trop d’importance : « S’agissant de la Syrie, il est ironique de constater (…) les préoccupations de notre chasseur de « médiamensonges », à savoir le départ de jeunes jihadistes européens vers la Syrie, qu’il présentait comme un phénomène important » [26] Ceci était écrit en décembre 2014. Vous avez bien lu : un mois à peine avant l’attentat contre Charlie, la collègue de Reichstadt reproche à Collon d’accorder trop d’importance aux terroristes ! Parce qu’effectivement, en juin 2013, Michel Collon avait organisé – malheureusement dans l’indifférence des médias et des politiques – le colloque « Jeunes qui partent en Syrie, que pouvons-nous faire ? » [27] Ce n’est donc pas Collon, mais bien Reichstadt, Le Monde et les médias dominants qui ont minimisé la montée de Daesh.
En affirmant tout et son contraire, Reichstadt ne pratique nullement le journalisme ou la « surveillance des complotistes ». Juste du pur lobbyisme cherchant à nuire par n’importe quel procédé. On aimerait connaître les sources de son financement pour ce travail de calomnies.
Rumeur n° 10.
« Michel Collon est mal vu sur Wikipédia. »
Exact. Mais Wikipédia est-il toujours neutre et fiable ou bien certaines rubriques sont-elles manipulées ? Et par qui ?
Quand on vérifie sur d’autres biographies, on constate que toute personne critiquant Israël se retrouve étiquetée « antisémite » et bien d’autres méfaits. Bref « infréquentable ». Un hasard ?
Une enquête minutieuse du journaliste britannique Craig Murray, à propos de sa propre fiche, a révélé qu’un certain « Philip Cross » a « édité » sur Wikipédia chaque jour entre le 29 août 2013 et le 4 mai 2018. Y compris cinq jours de Noël. Soit 1.721 jours consécutifs d’activité. Sur quatorze années, il a apporté… 133.612 modifications. Plus de 30 par jour, sept jours sur sept. Noël compris.[28] Toujours dans le même sens. 1. Miner la réputation de ceux qui critiquent les USA, leurs guerres ou Israël. 2. Faire la promo de journalistes bien-pensants en « nettoyant » leurs bios de toutes les vilaines petites choses. George Galloway, député britannique et ami de la Palestine, a subi 1.800 révisions !
Alors, soit « Philip Cross » existe réellement, il est maladivement obsédé et son patron est fort complaisant, soit ce pseudo cache une opération de services secrets. Britanniques ? Craig Murray le pense : « Le gouvernement s’en est vanté et le MOD (ministère de la Guerre) et le GCHQ (Quartier Général des Communications du Gouvernement) ont tous deux des opérations de « cyberguerre » visant à défendre le récit officiel contre les médias alternatifs. »
Mais « Philip Cross » pourrait aussi servir de couverture à Israël. Hyper actif dans la cyber-guerre, ce pays a mis sur pied une série de groupes chargés de prendre le contrôle des réseaux sociaux. Dès 2011, « Camera » organisait des « bataillons » chargés de rédiger ou modifier des notices Wikipédia. Instructions internes : « Evitez de choisir un nom qui vous marque comme pro-Israël, évitez que les gens connaissent votre véritable nom. » Pourquoi ? Le Reut Institute, chargé d’élaborer ces campagnes « promotionnelles », l’explique : « Une riposte avec haute visibilité du camp pro-Israël peut être contre-productive. » De même, « Unité 8200 », basée au 29ème étage de la Tour Champion à Tel Aviv, organise clandestinement des milliers de jeunes de 18 à 21 ans, pour saboter tous les événements organisés partout dans le monde contre l’occupation israélienne.
L’État israélien dirige ces opérations. Sima Vaknin-Gil, directrice générale du ministère des Affaires stratégiques (rattaché directement au Premier ministre), le reconnaît : « En ce qui concerne la collecte de données, l’analyse de l’information, le travail sur les organisations militantes, la piste de l’argent, c’est quelque chose que seul un pays, avec les ressources dont il dispose peut faire au mieux. (…) Le gouvernement israélien a décidé d’être un acteur-clé (car) nous pouvons apporter des compétences que ne possèdent pas les ONG (…) Nous avons le budget (70 millions $ en effet) et nous pouvons mettre sur la table des choses bien différentes. » Les instructions de Vaknin-Gil sont révélatrices : « Nous censurons l’information qui est critique pour nos ennemis, lesquels n’ont pas nos capacités, n’ont pas un cerveau juif (sic). (…) Tous ceux qui ont quelque chose à voir avec BDS doivent s’interroger à deux fois : est-ce que je dois choisir ce camp ou bien l’autre ? »[29] On sait Israël très performant dans le cyber-espionnage.
Le patron de Vaknin Gil, Gilad Erdan, ministre de la Sécurité publique, des Affaires stratégiques et de l’information, a déclaré : « Internet est une guerre et pour gagner, nous devons ruser et tricher »[30]. Pour comprendre les méthodes employées sur Wikipédia et Internet en général, il convient donc d’écouter ce que ces services israéliens disent eux-mêmes : «(Ceux qui critiquent Israël) devraient être combattus comme dans une guerre (…) et non affrontés sur le plan intellectuel »[31] Règle n° 1 donc : éviter de parler des faits. Contre eux « il faut recourir à tous les moyens encore jamais utilisés auparavant. » Règle n° 2 donc : employer les pires méthodes. D’ailleurs, selon le général Eitan Dangot : « La guerre contre la délégitimation et l’opinion publique n’est pas plus facile que celle que l’on mène sur le champ de bataille. »[32] Règle n° 3 : c’est donc bien une guerre contre l’opinion. Si la morale n’est pas respectée, le droit non plus puisquel’unité appelée « Hama’aracha » échappe à la Loi sur l’Information. En outre, dans le film The Lobby, un responsable piégé par une caméra cachée déclare à un nouvel agent: « Nous sommes un gouvernement qui travaille sur un territoire étranger et nous devons être très, très prudents. » Règle N° 4 : le droit international ne compte pas.
Mais voici le plus important. Incapable de gagner la bataille sur le terrain des faits, Israël fait diversion : il faut diaboliser, jeter de la boue. Directeur exécutif du Comité d’urgence pour Israël (ECI), Noah Pollak l’explique dans ce même film The Lobby : « Pour discréditer le message, il faut discréditer le messager. Quand vous évoquez la campagne de boycott BDS, vous devez dire que c’est un groupe qui prône la haine, la violence contre les civils. C’est-à-dire qu’il soutient le terrorisme. » Règle n° 5 : mentir sans scrupule pour empêcher le débat.
Ce ministère israélien des Affaires stratégiques est donc bien un ministère de la Désinformation. Mais aucun média européen n’en parle. Selon le quotidien israélien Haaretz, « les dirigeants du ministère des Affaires stratégiques se considèrent comme les chefs d’une unité de commandos, (…) et ils préfèrent que leurs actions restent secrètes. » Autant le savoir quand nous lisons une rubrique Wikipédia.
Conclusion
Pour certains gouvernements il est vital de contrôler les infos afin de neutraliser les critiques. Internet est un champ de bataille et certains acteurs y disposent de très gros moyens. Il est temps de rompre avec la naïveté.
Qu’il y ait des opinions divergentes et des débats acharnés n’est pas un problème, mais une nécessité. Cependant, pour ne pas se faire manipuler, il convient de se poser toujours cette question : derrière cette info, cette rumeur, cette diabolisation ou ce troll qui sabote un forum, y a-t-il des intérêts cachés ? Essaie-t-on de bloquer mon information ?
Pour préserver la liberté d’information et le débat honnête, voici 10 conseils aux citoyens :
- Ne croyez personne sur parole (nous non plus).
- Vérifiez si la source est fiable.
- N’accordez aucun crédit à une rumeur non vérifiée.
- Méfiez-vous donc du « Beaucoup le disent, ça doit être vrai »
- Ne croyez pas au « Il n’y a pas de fumée sans feu ».
- Confrontez toute info politique, sur Wikipédia ou ailleurs, aux textes du « diabolisé ».
- Si le diaboliseur cache son identité ou refuse le débat, dénoncez-le.
- Si Wikipédia manipule, diffusez largement la version alternative.
- Si la manipulation persiste, interpellez et surtout faites-le savoir.
- Étudiez l’histoire des grandes campagnes de désinformation.
[1] Conclusions de son avocat dans le procès intenté au tribunal de Bruxelles.
[2] https://www.liberation.fr/planete/2012/02/09/des-reseaux-francais-au-service-de-la-syrie_794689
[3] Michel Collon, Réponse aux calomnies de Luc Michel, le fasciste qui crie « au fasciste » !, Investig’Action, 1er septembre 2003.
[4] https://www.investigaction.net/fr/chomsky-et-bricmont-a-propos-du-11/
[5] Ornella Guyet, Michel Collon, un militant de la confusion, tantquillefaudra.org (NPA), 23 décembre 2014.
[6] Documentaire « Complotisme : les réseaux de l’extrême » (France 3, 2013)
[7] Ce Soir ou Jamais, 22 janvier 2013, disponible sur youtube
[8] Michel Collon, Complotiste, moi ?, investigaction.net, 22février 2016.
[9] Saïd Bouamama in La Gauche et la Guerre, Investig’Action, p. 215.
[10] CSA, 15 septembre 2014.
[11] Saïd Bouamama in La Gauche et la Guerre, Investig’Action, p. 232.
[12] La Charte des Nations unies, un.org
[13] Communication personnelle par mail.
[14] Compte-rendu d’un débat à Roubaix le 27 mai 2015.
[15] « Les frères Kouachi avaient été formés au maniement des armes au Yémen en 2011 et avaient suivi la filière saoudo-étatsunienne. Mais de là à voir dans tout cela des images truquées et un grand complot à élucider en priorité, ce serait un piège qui nous détournerait des questions fondamentales. », Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ?, Investig’Action, 2015, p. 240.
[16] https://www.investigaction.net/fr/calomnies-sur-france-3-michel-collon-reclame-un-droit-de-reponse/
[17] Cité dans Mathieu Périsse et Grégoire Fleuriot, « Mes propos ont été déformés », Slate.fr, 23 janvier 2012.
[18] Cass. crim. 8 avril 2008, n° 07-82.972.
[19] Interview au Nouvel Observateur, 15 janvier 1998.
[20] Vidéo Hillary Clinton, We created al-Qaeda/Isis, avril 2009.
[21] Interview à Valeurs actuelles (France) 14 janvier 1995.
[22] Centre Français de Recherche sur le renseignement, CF2R, Note d’actualité n°25, 29 août 2011.
[23] Seymour Hersh, Military to Military, London Review of Books, 7 janvier 2016.
[24] « Complotisme, les alibis de la terreur », de Georges Benayoun et Rudy Reichstadt, France 3, 23 janvier 2018.
[25] Michel Collon, Libye, Otan et médiamensonges, Investig’Action, 2011, p. 150-153.
[26] Ornella Guyet, Michel Collon, un militant de la confusion, tantquillefaudra.org (NPA), 23 décembre 2014.
[27] Programme sur le site leclea.be, 25 juin 2014.
[28] Craig Murray, The Philip Cross Affair, craigmurray.com, 18 mai 218, traduction les crises.fr
[29] Cité dans Alain Gresh, Lobby israélien, le documentaire interdit, Monde Diplomatique, septembre 2018.
[30] Itamar Eichner, Israël vs boycott movement : from defense to offense, ynetnews.com, 7 décembre 2017.
[31] Résumé de la onzième conférence de Herzliya, herzliafonerence.org, cité par Ilan Pappé, La Propagande d’Israël, Investig’Action, 2016, p. 429.
[32] Eitan Dangot, Strategies for Countering Delegetimisation and for Shaping Public Perceptions, panel discussion Netanay Academic College, 16 avril 2012.